aDsr - association Dyslexie suisse-romande

1.0 Classification des réponses de Dyslexia International aux questions des utilisateurs de la formation en ligne de l'UNESCO

 Septembre 2013


Ces réponses ont été préparées par le Dr. Vincent Goetry, Directeur de la formation, après avoir examiné les retours des utilisateurs des formations enligne en français et en anglais.Elles ont été reluespar le Professeur Stein de l'Université d'Oxford (Grande--‐Bretagne), et membre du Panel de Consultants de Dyslexia International.

 

L'ordre de présentation a été modifié par le webmaster, en identifiant les domaines suivant:

  1. repérage, diagnostic, prévalence
  2. évolution, pronostic
  3. particularités pour l'enseignement et l'apprentissage
  4. aménagements pour le dyslexique
  5. liens avec les autres troubles, dys ou non-dys

1.1 Quels sont les tests étalonnés accessibles aux enseignants qui permettent de détecter la dyslexie ?

Une équipe de chercheurs français de renommée internationale a créé des tests spécifiquement destinés aux enseignants, qui permettent de déceler les difficultés en lecture et/ou en orthographe dans la classe.
Tous ces tests sont étalonnés, c'est-à-dire qu'ils ont été présentés à des échantillons représentatifs d'apprenants. Des moyennes et des statistiques ont été effectuées sur les résultats obtenus par ces groupes d'apprenants, ce qui permet de situer les performances d'un enfant donné pour le test concerné.

Notez que ces étalonnages ont été effectués sur des populations d'enfants scolarisés en France, où le programme scolaire peut sensiblement différer par rapport à la Belgique. Il faut donc rester prudent lorsqu'on situe les performances d'un enfant par rapport aux normes fournies dans ces tests.

Enfin, gardez bien à l'esprit qu'il s'agit de tests de repérage ou de pronostic, et qu'il n'est nullement question de poser un diagnostic à partir des résultats obtenus dans ceux-ci.

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1.2 A partir de quand peut-on déceler la dyslexie ?

La conception selon laquelle la dyslexie ne peut être décelée qu'en deuxième ou troisième primaire est aujourd'hui dépassée. En effet, rappelons que la dyslexie est un trouble développemental caractérisé par une organisation cérébrale différente, qui existe donc « dès la naissance ».
Le fait que le risque de dyslexie peut être détectée précocement est aujourd'hui incontestable. De nombreux chercheurs ont montré que des mesures effectuées avant même que les enfants n'apprennent à lire ou à écrire prédisent dans une grande mesure leurs performances ultérieures en lecture et en orthographe.

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1.3 Vers qui dois-je me tourner lorsque je suspecte qu’un apprenant de ma classe est dyslexique ?

Si vous avez une suspicion qu'un enfant pourrait être dyslexique, il est important d'en avertir le centre PMS ainsi que les parents. L'idéal est d'amener les parents à
consulter des spécialistes de la dyslexie (il s'agit souvent d'équipes pluridisciplinaires) qui pourront effectuer un bilan diagnostic des difficultés de l'enfant et déterminer s'il présente effectivement une dyslexie. La majorité des centres PMS disposent également de listes de spécialistes qui seront à même de pouvoir effectuer un bilan diagnostic.

1.4 Les indicateurs de la dyslexie diffèrent-ils d’une langue à l’autre ?

Quelle que soit la langue d'apprentissage de la lecture et de l'orthographe, on observera des erreurs typiques similaires, à savoir des additions de lettres ou de
syllabes, des omissions, des répétitions, des inversions et des substitutions.

Néanmoins, les caractéristiques structurelles de la langue d'apprentissage induiront des difficultés propres qui ne sont pas observées dans les langues présentant d'autres caractéristiques. Ainsi par exemple, les contractions et décontractions de mots sont très fréquentes en français car cette langue présente de nombreux articles et conjonctions. Ces erreurs sont nettement moins souvent observées par exemple en anglais.

1.5 Y a-t-il de plus en plus de dyslexiques dans nos classes ?

Bien que c'est ce que l'on pourrait penser au vu du fait que l'on parle de plus en plus de la dyslexie, il est peu probable que ce soit le cas. En effet, les études épidémiologiques suggèrent que la proportion de personnes dyslexiques dans la population reste stable. Par ailleurs, aucun facteur ne semble pouvoir expliquer pourquoi on observerait une recrudescence de dyslexiques ces dernières années.

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1.6 Qui doit expliquer la dyslexie à un apprenant dyslexique ?

C'est le rôle de tous les intervenants qui entourent l'apprenant dyslexique de lui expliquer sa condition, et donc également le vôtre. Comme suggéré dans la section 3
de la formation, vous pourriez discuter seul(e) avec l'apprenant dyslexique pour savoir s'il désire parler de son trouble d'apprentissage devant la classe. Si tel est le
cas, vous pouvez organiser un débat sur le sujet, que le témoignage de l'apprenant viendrait alimenter. Dans tous les cas, il est essentiel de déculpabiliser l'apprenant dyslexique en insistant sur l'origine neurobiologique de sa condition. Il faut à tout prix lui faire comprendre que « ce n'est pas de sa faute ».

2.1 Peut-on guérir de la dyslexie ?

 Non. La dyslexie est une condition qui perdure tout au long de la vie, même si ses manifestations seront les plus probantes durant les années de scolarité.
Un accompagnement approprié peut cependant aider les dyslexiques à développer des stratégies de compensation et d'évitement qui leur seront d'une grande utilité tout au long de la vie.
Comme illustré dans le film « La dyslexie – comment tresser une structure d'accompagnement solide ? », les adultes dyslexiques doivent mettre en place des stratégies pour compenser leurs difficultés dans les domaines de la concentration, de la mémoire à court terme et de l'orientation dans l'espace et dans le temps. Par exemple, l'utilisation d'outils technologiques modernes comme l'agenda électronique permet de prendre des notes à tout moment pour ne rien oublier, et de programmer des alarmes de rappel pour ne pas oublier les rendez-vous et autres engagements.

2.2 Que faire lorsque la dyslexie est détectée à l’adolescence ou au-delà ?

Quel que soit l'âge auquel la dyslexie est identifiée, l'apprenant peut être aidé.

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2.3 Est-ce qu’un enfant dyslexique est toujours également dysorthographique ?

Souvent, mais pas toujours. Certains enfants dyslexiques présentent une très bonne mémoire visuelle, ce qui leur permettra, malgré leurs difficultés en lecture, de mémoriser l'orthographe correcte des mots, même si moins rapidement que leurs pairs non dyslexiques. L'inverse est également vrai. Certains apprenants montreront des difficultés énormes en orthographe alors que leurs habiletés de lecture sont satisfaisantes. Ces apprenants sont donc dysorthographiques sans être dyslexiques. Ceci étant dit, dans la majorité des cas, la dyslexie et la dysorthographie vont de pair.

3.1 Que peut-on faire en maternelle pour aider les apprenants qui présentent un risque manifeste de développer de la dyslexie ?

Contrairement à une idée répandue, vous pouvez tout à fait intervenir dès la maternelle pour aider vos apprenants montrant plusieurs facteurs de risque de
dyslexie ultérieure (voir question 5 pour une liste de ces facteurs de risque précoces).


Les apprenants dyslexiques présentent un déficit phonologique central, c'est-à-dire qu'ils ont des difficultés à se représenter et à manipuler les unités phonologiques telles que la syllabe, l'unité d'attaque-rime et surtout le phonème. Or, la capacité à se représenter et à manipuler consciemment ces unités constitue un prérequis essentiel pour le développement harmonieux de la lecture et de l'orthographe.

Pour ces apprenants, mais également pour les autres enfants de la classe, il est donc essentiel d'effectuer des activités visant à développer leurs habiletés métaphonologiques, c'est-à-dire leurs habiletés à se représenter et à manipuler les unités phonologiques, en particulier les phonèmes.
Des études scientifiques ont montré qu'un entraînement de ce type durant 20 minutes par jour pendant seulement trois semaines améliorait significativement la conscience phonologique chez les apprenants dyslexiques et chez les enfants non dyslexiques. Ces exercices sont donc bénéfiques pour tous les enfants de la classe, et tellement utiles pour les préparer à l'apprentissage de la lecture et de l'orthographe.

En maternelle, on se limite généralement aux tâches de génération et de détection ; les autres tâches étant trop complexes pour des apprenants de cet âge.
Vous pouvez présenter ces tâches de manière ludique, par exemple en présentant aux enfants une poupée ou une peluche qui « viendrait d'une autre planète qu'il faudrait aider à apprendre le français », comme illustré dans le film « La dyslexiecomment tresser une structure d'accompagnement solide ? ».


Le second domaine dans lequel vous pouvez aider les apprenants à risque de dyslexie à se préparer au mieux à l'entrée dans le langage écrit est celui des exercices de pré-lecture et de pré-écriture.
Si vous enseignez déjà l'alphabet, faites-le de manière multisensorielle : demandez de tracer les lettres en grand, dans les airs, dans du sable, sur une matière rugueuse comme du papier de verre, sur le dos de leur voisin(e) de classe qui doit deviner de quelle lettre il s'agit, etc. Faites leur « vivre » les lettres en leur demandant de prendre physiquement la forme de la lettre. Faites-leur écrire les lettres les yeux fermés, en leur demandant de se concentrer sur le geste graphique et sur ce qu'ils ressentent dans leur bras et leur main quand ils écrivent. Dans la mesure du possible, utilisez un alphabet en bois ou en plastique dont les lettres peuvent être touchées et manipulées. Le sens tactile soulage et renforce le sens visuel.

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.