aDsr - association Dyslexie suisse-romande

3.2 Comment expliquer les difficultés d’orientation spatiale des dyslexiques et leurs meilleures habilités à se représenter les objets en trois dimensions dans l’espace ?

Lorsque le dyslexique doit s'orienter dans l'espace, il implique son schéma corporel, qui est peu développé. Toutes les notions spatiales faisant référence au corps (gauche-droite, devant-derrière, etc.) posent souvent des difficultés aux dyslexiques. Par contre, lorsqu'il doit se représenter des objets extérieurs dans l'espace, son schéma corporel n'est pas sollicité. Dans ce cas, les dyslexiques montrent souvent des habiletés supérieures par rapport à leurs pairs non dyslexiques.

3.3 Qu’en est-il de la dyslexie et de l’apprentissage d’une langue seconde ? Est-ce plus difficile pour eux que pour les non dyslexiques ?

La diversité des situations de bilinguisme

Tout d'abord, on peut distinguer au moins trois situations d'apprentissage d'une langue seconde :

  • la submersion : l'élève est totalement scolarisé dans la langue cible, parmid'autres élèves dont cette langue est la langue maternelle.
  • l'immersion : l'élève apprend une langue seconde avec d'autres enfants de même langue maternelle qui sont dans la même situation. Le programme d'enseignement est adapté à leurs besoins éducationnels et linguistiques.
  • l'apprentissage d'une langue seconde dans le cadre scolaire.

On peut également mentionner le cas de ces nombreux enfants, souvent primoarrivants, qui parlent leur langue maternelle, et parfois apprennent à la lire et à
l'écrire, à la maison, et dont la langue de scolarisation est la langue seconde.

 

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3.4 Dans les exercices oraux de découpage des mots en syllabe, comment scander les syllabes dans des mots ambigus tels que « livre » ?

Il n'existe pas de réponse univoque à cette question. Un mot comme « livre » sera prononcé différemment selon le contexte phrastique dans lequel il est inséré. S'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle, comme dans « le livre ouvert », le « e » muet du mot ne sera pas prononcé et il comportera donc une syllabe. Si par contre il est suivi d'un mot commençant par une consonne, comme dans « le livre fermé », il est obligatoire de prononcer le « e » muet et le mot comportera donc deux syllabes.

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3.5 L’enseignement immersif est-il déconseillé pour les apprenants dyslexiques ?

Il n'existe pas de réponse univoque à cette question étant donné la diversité des contextes d'immersion : dans certaines écoles, les apprenants sont immergés dans la langue seconde 50% du temps alors que dans d'autres ils le sont 75% du temps ; dans certaines écoles les enfants apprennent à lire d'abord dans leur langue d'immersion alors que dans d'autres ils apprennent d'abord la lecture et l'orthographe dans leur langue maternelle, etc.
Un autre facteur important dont il faut tenir compte est de savoir si l'un des parents parle la langue d'immersion ou non. Comme déjà évoqué plus haut, dyslexiques ou non, certains apprenants ont davantage de facilités pour apprendre une voir plusieurs langue(s) étrangère(s) que d'autres.

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3.6 Comment décider si un apprenant dyslexique devrait poursuivre sa scolarité dans l’enseignement ordinaire ou dans l’enseignement spécialisé ?

Il faut bien conserver à l'esprit que la dyslexie est un continuum et non une catégorie discrète. Un apprenant peut être légèrement, modérément ou sévèrement
dyslexique.
C'est le degré de la dyslexie qui va déterminer si la scolarité peut se poursuivre dans l'enseignement ordinaire ou non.
Selon le Dr. Harry Chasty, 90% des enfants dyslexiques peuvent apprendre à lire et à écrire efficacement dans l'enseignement ordinaire si les enseignants sont formés à
identifier la dyslexie et à y faire face.
Les 10% d'apprenants dyslexiques pour lesquels l'enseignement spécialisé sera nécessaire sont ceux présentant les formes les plus sévères de dyslexie.

4.1 Quels sont les aménagements possibles pour les dyslexiques lors des évaluations en français ?

Quel que soit l'âge des apprenants dyslexiques, des adaptations simples sont possibles. Voici quelques suggestions :

  • lorsque vous évaluez l'orthographe, entourez les mots correctement orthographiés plutôt que de barrer les mots incorrects. Cela donnera une autre allure à la copie.
  • Lorsque vous organisez des dictées, modifiez les consignes pour l'apprenant dyslexique. Par exemple, si vous demandez aux enfants de préparer 20 mots pour la dictée du lendemain, demandez à l'apprenant dyslexique, lors de la dictée d'écrire non les 20 mots mais les mots qu'ils pensent avoir mémorisé. Divisez alors le nombre de mots correctement orthographiés non par 20 mais par le nombre de mots total que l'enfant à écrit. Il faut bien entendu déterminer un quota (par exemple, demander à l'apprenant d'écrire au moins 10 mots sur les 20).
  • Lors de la correction de rédactions, ne corrigez qu'une partie de la production de l'apprenant dyslexique (par exemple, les trois premières lignes, les 10 premières lignes). Vous pouvez également ne coter qu'un aspect de l'orthographe de la production (orthographe d'usage, ou accords entre sujets verbes-compléments).
  • Autorisez l'apprenant dyslexique à utiliser un ordinateur pour ses productions écrites.
  • Lorsque vous demandez aux apprenants de faire une rédaction, laissez-les se relire, idéalement quatre fois :

              o Une première fois, en ne faisant attention qu'au contenu (ai-je bien noté toutes les idées que je voulais noter ?)
              o Une deixième fois, en faisant attention à l'orthographe d'usage
              o Une troisième fois, en se concentrant sur l'orthographe d'accord
              o Une dernière fois, en faisant attention à la ponctuation.

4.2 Quels sont les aménagements possibles pour les dyslexiques dans les autres branches ?

En particulier dans le secondaire, chaque professeur devrait être responsable de l'enseignement de l'orthographe des mots spécifiques à sa branche.
Le plus important est de ne pas pénaliser les apprenants dyslexiques pour leurs erreurs d'orthographe et de rédaction. Gardez en tête que vous évaluez des connaissances et compétences liées à la branche et non les compétences orthographiques des apprenants. Ils sont déjà suffisamment pénalisés dans le cours de français pour ne pas encore subir d'autres pénalités, pour les mêmes raisons, dans les autres branches.

4.3 Quelle est la meilleure police d’écriture pour les dyslexiques ?

Il est très important de bien distinguer la lecture de l'écriture.


En ce qui concerne la lecture, présentez-leur les polices d'écriture auxquelles ils seront confrontés lors de leurs lectures.Pour la préparation des feuilles distribuées en classe, préférez la police Arial ou Comic Sans MS.

Concernant l'écriture, la cursive jointe est celle qui a été reconnue comme étant la plus adaptée pour les dyslexiques, en particulier s'ils présentent des difficultés de
contrôle moteur. L'avantage majeur de cette écriture est qu'elle permet de lever le moins possible son crayon, ce qui en fait une écriture rapide donc automatisée avec
un minimum de perte de temps dans les trajectoires et la liaison des lettres. De plus, elle permet de bien voir les mots comme des entités séparées. Elle est donc
bénéfique pour tous les élèves de la classe.

4.4 Existe-t-il des adaptations pour les adultes dyslexiques au-delà des études secondaires ?

Tout à fait. Aujourd'hui, dans toutes les universités de Belgique, et dans la grande majorité des Hautes Ecoles, il existe un service spécialisé qui réalise des tests afin de déterminer les besoins des étudiants dyslexiques et les aménagements à réaliser dans le cadre des évaluations.

5.1 Quelle est la relation entre la dyslexie et les autres troubles de l’apprentissage ?

Auparavant, les chercheurs avaient tendances à étudier les divers troubles de l'apprentissage séparément, sans se concerter. Il existe aujourd'hui un consensus croissant d'une part sur le fait que tous ces troubles partagent des éléments communs, et d'autre part sur le fait qu'ils surviennent rarement seuls.

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Pourquoi l’usage de la visualisation et les cartes heuristiques est particulièrement bénéfique pour les apprenants dyslexiques ?

Les études d'imagerie cérébrale montrent qu'en situation de lecture, les dyslexiques activent moins l'hémisphère gauche, et plus l'hémisphère droit, que les non dyslexiques. Or, l'hémisphère droit est précisément celui des images mentales et de la visualisation en trois dimensions. On dit que les dyslexiques lisent en images et non en mots. Ainsi, un apprenant dyslexique lisant la phrase « la vache broute dans le pré » ne pourra s'empêcher de visualiser une vache broutant dans un pré, tandis qu'un non dyslexique pourra accéder à ces informations sémantiques et les intégrer au reste du texte sans nécessairement activer les images mentales qui correspondent aux mots qu'ils lisent.

Les techniques de visualisation et l'usage des cartes mentales font précisément travailler l'hémisphère droit. Ainsi, en utilisant ces outils, on sollicite des régions cérébrales que les apprenants dyslexiques activent déjà spontanément. Des chercheurs ont montré que l'enseignement de la visualisation améliorait significativement les performances de compréhension et de mémorisation des textes parmi les dyslexiques et parmi les non dyslexiques.

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.