aDsr - association Dyslexie suisse-romande

L'âge de l'école s'approchant, j'avais demandé à la future maîtresse d'enfantine de retarder la date de rentrée de mon fils, né le 30 mai 1986. Je le trouvais trop jeune. Elle m'avait dit que si c'était le cas, il devrait commencer directement en deuxième enfantine. Ce conseil ne s'est pas avéré être judicieux.

Plus tard, en première primaire, la maîtresse m'avait dit un jour : " Je trouve que votre fils a des bleus partout ! Que se passe-t-il ? Je n'ai réalisé qu'après coup, qu'elle pensait qu'il était peut-être battu !
A cette époque, il était très téméraire et tombait très souvent. Elle avait détecté quelque chose qui n'allait pas, sans pouvoir mettre un nom dessus.

 En deuxième primaire, cette même institutrice avait sollicité l'aide d'une maîtresse de soutien qui prenait mon fils à part, chaque semaine. Elle me disait que mon fils avait des difficultés, alors même qu'il était intelligent.

A la fin de la deuxième primaire, voyant les difficultés d'apprentissage de mon fils, j'avais demandé à la maîtresse de le faire redoubler. Elle m'avait répondu qu'il était préférable, s'il devait redoubler une année, qu'il redouble la troisième.

Cette première troisième a été un calvaire. Il ne voulait plus aller à l'école, pleurait tous les matins, restait des heures sur ses devoirs. Et l'échec prévisible est arrivé !

Je le changeai d'école et il dut redoubler pour la deuxième fois la classe de troisième. Au cours de cette année, la maîtresse m'a dit qu'en quinze ans de carrière, elle n'avait jamais vu un enfant se comporter de la sorte. Mon fils se réfugiait sous la table, lorsqu'il fallait lire ou écrire !

Ce deuxième échec scolaire me fit réagir et je m'adressai au service médico-pédagogique. C'est là, après des tests avec une psychologue et une logopédiste, qu'on a enfin pu mettre un nom sur les difficultés scolaires de mon fils : il était dyslexique.

Pendant toutes ces années, quelle détresse, quels sentiments de culpabilité, quels désarrois autant de la part de l'enfant que des parents. Souvent mon fils me disait : « Tu sais, j'essaie et je n'arrive pas ».
Après le deuxième échec scolaire, il a fallu chercher une école pour notre fils, qui ne pouvait pas être admis dans les classes spéciales du fait que son Q.I était tout à fait normal.
Dans le canton de Vaud, nous n'avons trouvé qu'une seule école, hormis des internats, qui puisse prendre en charge un enfant présentant de telles difficultés...

C'est là que notre fils, démoli par ses nombreux échecs, a essayé de reprendre ses études avec l'appui d'un nouvel enseignant. Nous étions mieux à même de l'aider, depuis que nous le comprenions mieux.
Il a fallu trouver des outils avec les logopédistes pour lui permettre de maîtriser son handicap. Le chemin qui reste à parcourir nous semble encore bien long.

Gary a 12 ans aujourd'hui. Je me souviendrai ... lorsqu'il aura 18 ou 20 ans, du long chemin parcouru, des aides glanées à gauche et à droite, chez des professionnels compétents, dans des livres etc., de la patience avec un immense P qu'il aura fallut au cours de ces interminables années pour enfin être récompensés !!!

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.