aDsr - association Dyslexie suisse-romande

avec déficit d’attention qui a handicapé toute sa scolarité à l’école publique vaudoise et dont les résultats n’étaient pas le reflet de ses capacités.

L’incompréhension de la majorité du corps enseignant face à cet enfant ; l’étiquette de « nul » dont il s’est retrouvé affublé à tort - et de ce fait l’incompréhension aussi de ses camarades - ont fait qu’il était malheureux et frustré à l’école.

J’ai dû me rendre compte que, malgré un quotient intellectuel élevé, ses notes étaient insuffisantes pour poursuivre des études supérieures et qu’il avait besoin de changer de cap.

 J’ai grandi dans un pays où l’université est accessible à la plupart des jeunes et où les élèves dyslexiques bénéficient d’une assistance à l’école et à l’université. J’ai été frustrée de savoir qu’ici il ne pourrait pas aller plus loin dans ses études, et j’ai dû d’abord en tant que parent, faire moi-même le deuil de ce projet. C’était nécessaire pour pouvoir ensuite encourager mon fils à choisir une autre voie, donc la seule possibilité qui lui était offerte : c’était un apprentissage .

 Le système d’apprentissage est bien au point dans notre région et je l’ai donc encouragé à chercher des informations, à passer des tests d’aptitude, à faire des stages pour trouver un domaine qui l’intéresse et une place d’apprentissage qui lui convienne.

Après avoir passé toutes ces années à l’école avec l’étiquette de quelqu’un de « différent » et avoir sérieusement cru - à cause de ses problèmes - qu’il était « nul », ce fut un soulagement pour lui de tourner la page, de reprendre une nouvelle vie, dans un milieu où personne ne savait qu’il est dyslexique. Il se retrouve à présent au même niveau que tout le monde.

 Au travail ses capacités... visio-spatiales, manuelles et de logique lui permettent une compréhension rapide. Aux cours, c’est un peu différent avec une bonne réussite en technique, en pratique et en maths (il comprend bien les consignes écrites), mais avec de grosses difficultés en français. Ce qui malheureusement compte pour 50 % de la note finale aux examens.

Le problème est de savoir s’il faut parler ou non de l’existence de cette dyslexie avec le risque de se voir de nouveau coller une étiquette. Mon fils a préféré ne rien dire, car il pense que cela n’aurait pas amélioré sa situation, mais il est prêt à revoir sa décision si c’est nécessaire.

Actuellement, il est en deuxième année d’un apprentissage de quatre ans. Je me rends compte maintenant que d’avoir refait une année scolaire lui a permis de commencer son apprentissage plus tard, à 17 ans, et que cela a été bénéfique pour lui.

Bien sûr, tout n’est pas facile: aux difficultés habituelles d’un apprentissage, à savoir de longues journées, moins de vacances et un travail physique fatigant, il faut prendre en compte le fait que chez la personne dyslexique, les difficultés de concentration amènent une fatigue supplémentaire .

Toutefois, le changement de cursus a permis à mon fils de se rendre compte qu’il est capable d’apprendre et de réussir , de ne plus penser qu’il est « nul » mais qu’il est aussi bon que les autres.

P.-S.

Cela lui a redonné confiance en lui, il est plus heureux et l’ambiance familiale s’en trouve bien améliorée.

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.