aDsr - association Dyslexie suisse-romande

La dyslexie


Gymnase de Burier

La dyslexie

 Bocherens-Bays no 1

 

 Laetitia BAYS et Clémence BOCHERENS dit FLEURY   3c6, travail de maturite

Remerciements
Nous tenons tout d'abord à remercier Monsieur Philippe Rigaux, notre professeur de français, Madame Mercier, notre professeur d'informatique et Madame Lyse-Marie Nahal, conseillère d'orientation, pour leurs conseils, leurs disponibilités, les informations, leurs critiques et la vérification régulière de notre travail personnel.
Mathilde Goumaz, responsable de la formation sur la dyslexie, pour nous avoir mis en relations avec de nombreuses personnes dans le milieu, et nous avoir mis en relations avec de nombreux dyslexiques.

Madame Martine Jiménez, enseignante spécialisée à 80%, formatrice continue sur la dyslexie à la HEP à 10%, membre et employée du Département des adaptations « dys » le GRE10, pour nous avoir accueilli dans la fondation Eynard-Eynard, nous avoir expliquer sa formation, pour nous avoir conseillé, soutenu, expliquer ces méthodes spécialisées de travail et également corrigé notre travail.
Madame Rose-Marie Seminara pour avoir pris le temps de corriger notre travail.

Nous remercions également le Dr. Despland, professeur et médecin neurologue à la Clinique La Prairie, pour son aide, sa disponibilité, ses renseignements et son avis très précieux.
Madame Natalie Janz, adjointe de l'enseignement à l'université de Lausanne, Madame Christiane Besson, doyenne de l'établissement secondaire de Vevey, Monsieur Daniel Ducommun, professeur HES-SO et responsable des Affaires estudiantines, Monsieur Raymond Vulliamy, doyen du Gymnase de Burier, Madame Martine Collin, logopédiste spécialisée de Vevey, Madame Aurélie Bédat, logopédiste spécialisée, Madame Sophie Gubser, enseignante de 3ème et 4ème années pour nous avoir accordé de leurs temps libres pour notre interview, pour les suggestions et leurs aides.

Monsieur Philippe Campiche, doyen au gymnase de la Cité, Monsieur Alexandre Ineichen, directeur du Collègue de l'Abbaye de St-Maurice, Monsieur Luc Zbinden, doyen du gymnase du Bugnon, pour leurs collaborations, pour nous avoir envoyé toute la documentation concernant la prise en charge des dyslexiques dans leurs établissements.
Madame Anne Lakdhar, administration de Teenery Productions, pour s'être intéressée de près à notre travail personnel et de son soutien.

Et nous tenons tout particulièrement à remercier tous les dyslexiques qui ont accepté de remplir notre questionnaire et qui nous ont donné leurs points de vue sur notre sujet.

 

Table des matières


Introduction                                                                           
1. Historique                                                                          
2. Causes du trouble                                                           
      2.1. La neurologie                                                           
3. Définitions                                                                          
     3.1. La dyslexie                                                                 
     3.2. La dysorthographie                                                
4. Constellations « dys »                                                   
5. Caractéristiques liées à la dyslexique                       
6. Suivi d'un enfant dyslexique                                         
     6.1. Le diagnostic                                                            
     6.2. Le dépistage                                                            
     6.3. La prise en charge                                                 
     6.4. Analyse des questionnaires des dyslexiques
7. Evolution de la prise en charge                                   
    7.1. La loi de Bertrand Clot                                           
    7.2. Les écoles primaires                                            
    7.3. Les écoles secondaires                                       
    7.4. Les gymnases, la Haute Ecole et l'université  
    7.5. La vie professionnelle                                          
Conclusion                                                                         
Bibliographies                                                                   
Table des illustrations                                                     
Annexes                                                                             

 

Introduction


De nombreuses personnes connues étaient dyslexiques, parmi elles, Albert Einstein, Steven Spielberg, Winston Churchill, Tom Cruise ou encore Gustave Flaubert. Ces personnages célèbres ont tous réussi leur vie et la dyslexie ne les a pas empêchés de réussir professionnellement. Être dyslexique serait-il un handicap ou un don ?

Ce sujet encore mal connu nous tient à cœur et nous touche de près ; en effet Clémence et quelques amis proches souffrent de ce handicap, ce qui nous a poussé à poser cette question : « Les enfants atteints de troubles « dys », sont-ils assez pris en charge dans la société actuelle ? »

Et grâce à ce travail personnel, nous allons répondre à cette problématique.
Nous aimerions montrer qu'il y a encore de grands efforts à fournir pour améliorer la prise en charge des dyslexiques dans notre société actuelle.
Notre problématique est basée sur l'évolution de la prise en charge d'un dyslexique entre le milieu scolaire, gymnasial, universitaire et privé, afin de prouver que l'enfant doit être le plus tôt pris en charge.
Afin de répondre à notre problématique, nous avons tout d'abord pris contact par e-mail ou par téléphone avec un professeur de neurologie, une enseignante spécialisée dans les handicaps « dys », des doyens de différents établissements du canton de Vaud, des logopédistes et des associations. Puis nous avons eu avec certaines et certains d'entre eux des entretiens.

Nous avons aussi adressé par e-mails un questionnaire à plusieurs personnes atteintes de troubles « dys », ce qui nous a permis d'analyser leur suivi, leurs difficultés dans la vie quotidienne et leur capacité à avoir fait face à ce handicap.
La première partie de notre travail est axée sur l'histoire de la dyslexie, son origine et la compréhension de ce handicap. Puis la deuxième partie traite sur le développement de la prise en charge et pour finir la troisième partie est axée sur l'analyse des différentes interviews et questionnaires.

Les résultats obtenus à la suite de ce travail, nous ont amené à conclure qu'il y a une amélioration dans le dépistage de la dyslexie mais qu'il reste encore un long chemin à parcourir pour arriver à un dépistage et une prise en charge systématique. Néanmoins, dans un futur proche il y a de grandes chances, qu'un enfant atteint d'un handicap « dys » soit intégré dans un programme adapté à ses difficultés.

Ce fut un travail délicat à réaliser car nous avons dû assimiler énormément d'informations, prendre en compte les suggestions des personnes interviewées, les consignes et apprendre à gérer le tout. Cette expérience nous a été bénéfique car nous savons désormais comment créer un travail personnel, gérer notre emploi du temps et toutes les informations reçues. Nous avons maintenant de bonnes bases en bureautique.
Nous pensons que le surplus d'informations, nous a pénalisé. Toutefois nous avons amélioré nos capacités de recherche, notre autonomie, notre esprit d'équipe, notre rigueur et notre capacité à prendre contact avec des personnes inconnues.
Donc cette expérience a été plus qu'enrichissante et nous a apporté une meilleure connaissance du sujet. Elle nous a permis également de rencontrer des gens formidables qui croient aux capacités des dyslexiques. Ces capacités sont expliquées dans la première partie de notre travail.

 

1. Historique


Pour réussir à définir le problème de la dyslexie, il faut tout d'abord comprendre comment ce trouble a été découvert et par qui.

En 1881, la dyslexie a été identifiée pour la première fois par Oswald Berkhan, mais le terme « dyslexie » a été inventé par l'ophtalmologue Rudolph Berlin en 1887.
La première étude a été faite en 1896 par le docteur anglais W. Pringle Morgan. Il a étudié un jeune garçon doué pour les mathématiques mais dont l'incapacité à lire, à apprendre et à écrire le handicapait. Le docteur Pringle Morgan a posé comme hypothèse « une cécité des mots ».

Ce sera aussi le titre d'un ouvrage de l'ophtalmologue James Hinshelwood sur le même sujet paru en 1917 après la publication de nombreux articles autour des années 1900. Mais c'est surtout lui qui, pour la première fois, mis en rapport la dyslexie avec un trouble relatif au cortex cérébral.

Hinshelwood avança comme théorie que les enfants dyslexiques devaient souffrir d'un développement incomplet de la région pariétale droite du cerveau, qui permet entre autre une compréhension du langage parlé et écrit.
Évidemment, Hinshelwood ne put démontrer son hypothèse par un examen, car les moyens disponibles à l'époque n'étaient pas assez développés.
En 1920, Samuel Torrey Orton, neurologue et psychiatre réputé d'Amérique du Nord, fit une avancée déterminante sur la dyslexie.

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Comme il était passionné par toute idée nouvelle, ce spécialiste médical, s'intéressa à l'étude des maladies du système nerveux dans son ensemble. De 1920 à 1940, il entama une recherche sur la dyslexie, qui le conduira à examiner près de trois mille dyslexiques de tout âge. Ses recherches déboucheront entre autre sur la mise au point d'une rééducation spécifique.
En premier lieu, il avait remarqué que ce n'était pas un problème de lésion mais une dominance anormale de l'hémisphère droit sur le gauche, perturbant ainsi la perception des mots. La découverte montrait qu'un grand nombre de dyslexiques étaient gauchers, ce qui confirma un manque de dominance de l'hémisphère gauche.

2. Causes du trouble


Les causes du trouble de la dyslexique sont restées mal connues pendant de nombreux siècles et ne sont toujours pas connues à 100%. On les a longtemps attribuées à des troubles affectifs ou psychologiques dus à des problèmes familiaux ou des conflits relationnels. Mais les scientifiques ont remarqué qu'il y avait toujours quelques enfants sans problèmes familiaux qui rencontraient des troubles inattendus et inexpliqués.
Afin de mieux comprendre d'où venait le problème, les scientifiques ont avancé une autre hypothèse. Depuis quelques années, une explication neurologique et génétique a fait son apparition au sein de la communauté internationale des scientifiques ; cette explication est plus probable que les troubles psycho-affectifs.
Donc, il y a dans la dyslexie une forte proportion de cas qui ont une composante héréditaire prouvée.
Nous pensons et espérons que dans les prochaines années à venir, les scientifiques trouveront de nouvelles solutions et explications aux troubles « dys ».


2.1. La neurologie


Il est nécessaire de consacrer une part de notre travail personnel à la neurologie, car les troubles « dys » sont dus à un problème au niveau du cerveau. De plus, les problèmes de coordination, de résolution d'énigme ou de logique sont traités dans les deux grands hémisphères du cerveau. Ces points sont donc fondamentaux pour mieux comprendre la dyslexie.

Pendant de nombreux siècles, le cerveau était un organe mystérieux et complexe. Les différentes études menées à son sujet étaient basées sur l'anatomie descriptive. A partir du XVII, les premières dissections illégales du cerveau ont commencé.
Les premières grandes études à son sujet ont été réalisées au début du XIXème siècle et la première grande découverte est réalisée en 1861, par le médecin, chirurgien, anatomiste et anthropologue français, Paul Broca.
Il a examiné le cerveau de patients aphasiques (incapables de parler) qui avaient des lésions au lobe frontal gauche et en a déduit que cette zone était impliquée dans la production de la parole.

Ce « centre de la parole » est connu maintenant comme l'aire de Broca.
Dès lors, les scientifiques se mirent à cartographier le cortex. Ils localisèrent les aires de la vision, de l'audition ou du langage.
Le cerveau est le centre de commande du corps. Il régule les organes, « en agissant sur les muscles ou les glandes. Et il est le siège des fonctions cognitives» .
Il coordonne nos mouvements en fonction de notre environnement et nous aide à la coordination des plusieurs membres en même temps. Le cerveau est constitué de plusieurs milliards de neurones, reliés les uns avec les autres, comme une guirlande.

Le cerveau est divisé en deux parties qui ne sont pas symétriques, l'hémisphère gauche et l'hémisphère droit. On appelle cela l'asymétrie cérébrale.
Chez un gaucher, l'hémisphère gauche est récessif tandis que chez un droitier, il est dominant. Chaque hémisphère a ses propres caractéristiques. Le siège du langage, de la logique et du rationnel réside dans l'hémisphère gauche ; alors que dans l'hémisphère droit, il y a le siège du traitement d'images, de la créativité, de l'émotion, de la musique et de l'initiative.


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Les dyslexiques ont une activité cérébrale, supérieure du lobe droite que du lobe gauche.
Le cerveau des dyslexiques arrive à compenser les problèmes liés à l'hémisphère gauche avec certaines zones de l'hémisphère droit. Grâce à cela, certains dyslexiques qui n'ont jamais été diagnostiqués, arrivent à vivre sans problèmes majeurs.


3. Définitions


3.1. La dyslexie


Afin de mieux comprendre ce que signifie la dyslexie, nous allons commencer par la définir.

Le mot dyslexie provient du grec : « dys » signifie difficulté et « lexis » signifie le lexique donc les mots, ce qui veut dire que « la dyslexie est un trouble durable de l'apprentissage de la lecture et de la reconnaissance de syllabes, de lettres, de chiffres ou de mots » .

Elle entraîne une mauvaise perception du dessin des lettres et une confusion des sons : par exemple /b/ et /p/ ou /f/ et /v/.
D'autre part, le terme de dyslexie est associé aux difficultés qu'éprouvent les enfants dans l'apprentissage de la lecture et de l'écrit.
La dyslexie touche environ 5 à 10 % de la population scolaire en Suisse .
La dyslexie est un handicap lourd à porter s'il n'est pas pris en charge assez tôt

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Il existe deux sortes de langues. La langue transparente et la langue opaque.
Un dyslexique italien aura plus de facilité lors de son apprentissage de l'écrit car sa langue est transparente (langue transparente: on écrit ce que l'on entend et une majorité de sons n'ont qu'une transcription possible). Le dyslexique anglais ou français a une langue qui ne va pas lui faciliter l'apprentissage puisque sa langue est opaque (Langue opaque: on écrit plus que ce que l'on entend, comme les "s" du pluriel, et beaucoup de sons ont plusieurs orthographies comme le son /è/ qui a 11 orthographes possible chez nous).

La dyslexie touche 70% des enfants ayant dans leur famille des antécédents de cas de dyslexie. Cette anomalie touche plus les garçons que les filles, soit 3 fois plus, et il y a plus de gauchers dyslexiques que de droitiers mais la communauté scientifique ne tient pas compte ce détail.


3.2. La dysorthographie


La dyslexie est connue pour être complétée par la dysorthographie. La dysorthographie suit généralement la dyslexie, car lire et écrire sont étroitement liés. De plus, le fonctionnement du cerveau va gêner l'apprentissage de la lecture et l'apprentissage de l'orthographe C'est pour cela que ce trouble est tout aussi important que la dyslexie et qu'il nous a semblé fondamental de parler de façon brève de ce problème.
Ce trouble se traduit par une certaine difficulté d'apprentissage de l'orthographe. Comme l'enfant a de la peine à lire ; il aura de la peine à retranscrire les lettres et l'orthographe de ce qu'il a pu lire auparavant.

La dysorthographie se manifeste par :
• La difficulté à mémoriser visuellement la transcription précise d'un mot s'il a un son qui a plusieurs orthographes possibles ou des lettres muettes.
Exemple : bateau, bato, batau
• Une difficulté à respecter l'unité des mots entre un déterminant et son nom (la vion et pas l'avion ou unhabit au lieu d'un habit).
• L'omission, l'ajout ou l'inversion de lettres ou de syllabes dans les mots.
• Une orthographe grammaticale particulièrement faible, car le dysorthographique est en surcharge cognitive. Son attention étant focalisée sur l'orthographe lexicale (des mots), il n'arrive pas à appliquer les règles d'accord.
• Des difficultés en conjugaison importantes car la mémoire visuelle est touchée, le langage oral est mal construit et ne permet pas de s'appuyer dessus pour trouver les bonnes formes du verbe.

La rééducation de la dysorthographie peut être longue et la fragilité orthographique dure tout au long de la vie.
Cette pathologie ne doit vraiment pas être prise à la légère, tout comme la dyslexie. Elle pourrait avoir des conséquences graves dans la suite de la vie scolaire et professionnelle comme des échecs scolaires, des retards culturels globaux, et plus tard des difficultés à obtenir une formation correcte.
La dyslexie-dysorthographie « n'est pas liée à un déficit de l'intelligence » . Ceci signifie qu'un enfant étant atteint de dyslexie a la même intelligence que les enfants dit « normaux ». On trouve d'ailleurs 30 % d'élèves dyslexiques chez les enfants à hauts potentiels.

L'élève dyslexique-dysorthographique est la plupart du temps confronté aux erreurs et à l'échec, ce qui lui provoque « une mauvaise estime de lui » . Cependant, plusieurs points positifs peuvent être créés par son entourage, tels que de la compréhension, du soutien et de l'aide.

Toutefois une prise en charge scolaire adaptée et emphatique, tenant compte du fonctionnement différent de son cerveau l'aidera à construire « une image positive de lui-même et favorisera sa réussite scolaire » .
La dysorthographie est souvent traitée en parallèlement à de la dyslexie, ce qui permet à l'enfant de mieux comprendre ses erreurs.


4. Constellations « dys »


Lorsqu'on parle de trouble de l'apprentissage, on pense souvent à la dyslexie. Mais il est important de savoir que la dyslexie n'est jamais seule. Elle fait partie d'une constellation.
Dans cette constellation qui exclut le retard mental, il y a d'autres dys, qui sont également des troubles durables. Il y en a 8 différents :

• La dysorthographie : qui est entre autre la plus connue. La plupart du temps secondaire à la dyslexie. C'est un trouble de l'apprentissage qui est fortement caractérisé par un manque de réussite dans l'assimilation de l'orthographe, comme expliquée dans le chapitre ci-dessus.
• La dyscalculie : est un trouble de l'apprentissage des mathématiques.
• La dyspraxie : est un trouble de la coordination et du contrôle des gestes. Elle touche 3% à 6% des enfants.
• La dysgraphie : est un trouble qui recouvre des difficultés à écrire et à effectuer correctement les traits qui forment les lettres ou les chiffres.
• La dysphasie : est un trouble de la communication orale. Elle est caractérisée par des difficultés de la compréhension, de l'expression ou les deux à la fois. Ce trouble est sur une longue durée.
• Le trouble de l'attention : qui peut être accompagné ou non de l'hyperactivité, est une difficulté à se concentrer ou à être attentif. Dans le cas de l'hyperactivité, ce sont des personnes qui ont du mal à rester en place, elles sont souvent impulsives.
• La précocité intellectuelle : petit, on comprend beaucoup de choses ; le QI est supérieur à 125, mais l'enfant n'est pas forcément un bon élève.
• Des talents particuliers : avoir une grande imagination par exemple.

Il ne faut donc pas oublier que certes la dyslexie est très importante, mais les 8 autres constellations le sont aussi et ne sont pas à prendre à la légère. Elles sont toutes à diagnostiquer le plus tôt possible par une logopédiste (dysphasie, dyslexie, dysorthographie, dyscalculie), un psychomotricien ou un ergothérapeute (dyspraxie, dysgraphie), un pédiatre/médecin (hyperactivité) ou un psychologue (trouble de l'attention ou précocité intellectuelle).


5. Caractéristiques liées à la dyslexique


Lors de notre entretien avec le Dr. Despland, professeur et médecin neurologue, nous avons constaté que les enfants atteints d'un handicap « dys » avaient en plus certaines caractéristiques plus développées que les autres enfants dit « normaux ».

Il y a 2 grandes caractéristiques reconnues par les médecins et les scientifiques :
• La phobie sociale est une crainte ou une appréhension de lire ou de parler en public, conséquence de la dyslexie.
• L'hyperactivité est un manque de concentration, une peine à rester sur une seule idée, une expression orale vive ou une agitation permanente.

Ces 2 caractéristiques compliquent fortement l'apprentissage et le traitement suivi par l'enfant dyslexique. C'est pour cela qu'on pourrait les appeler : « les caractéristiques négatives ».
Madame Jimenez, enseignante spécialisée, lors de notre dernière interview, nous a transmis ses observations de terrain, dont certaines rejoignent celles du Dr. Despland.

2 points importants :
• Une très bonne mémoire de l'image, qu'elle va utiliser pour entrer dans l'apprentissage de l'écrit grâce à la visuo-sémantique : mélange d'illustration et d'orthographe.
• Une sensibilité particulière aux couleurs : utilisé pour mettre en évidence certaines lettres d'un mot difficile à mémoriser.

Observations de terrain :
• Hypersensibilité au regard de l'autre qui rejoint le point 1 du neurologue.
• Problème d'organisation matérielle ou de la pensée.
• Bonne imagination, bonne créativité.
• Bonne vision en 3D reconnue par les scientifiques (puisque c'est à cause d'elle que nous avons ces inversions spatiales).

Il faut également tenir compte que ces quelques « caractéristiques ne sont ni systématiques ni exhaustives » et que pour chaque personne « dys », il y a de grandes variations.


6. Suivi d'un enfant dyslexique


6.1. Le diagnostic


En Suisse, ce sont souvent les enseignants qui signalent les difficultés d'apprentissage de l'élève. Ils peuvent remarquer ces difficultés lorsque l'élève lit ou lors d'un test écrit. Suite à cette « découverte », l'enseignant qui a remarqué le trouble, doit aviser au plus vite les parents de l'enfant, puis le doyen de l'établissement et ensuite la logopédiste de l'école. Avant l'entretien avec l'enseignant et la logopédiste, les parents devront faire une demande écrite à la logopédiste pour un dépistage.
Pendant l'entretien, l'enseignant et la logopédiste scolaire expliqueront le handicap dont l'enfant est atteint et proposeront des adaptations et des traitements répondant au besoin de celui-ci.

Ils pourront aussi proposer des adresses de logopédistes mais la décision reste aux parents. Ils peuvent accepter comme refuser que leur enfant soit pris en charge.
Dès que l'enfant est pris en charge par un professionnel et que son diagnostic a été posé, les résultats sont probants. Les progrès dépendront de la sévérité de l'atteinte et de la fréquence de la prise en charge (trop espacés, les traitements ne permettent pas d'entraîner les automatisations).


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La durée moyenne de prise en charge d'un dyslexique est de 3 ans mais si le handicap est trop important, la durée de prise en charge peut être plus longue. Cette variabilité est due à la qualité de la récupération ; dans le meilleur des cas elle est « totale » (ce qui est très rare) mais autrement il restera des petites traces après la fin du traitement. Il faut savoir que la dyslexie, comme la dysorthographie est un handicap à vie qui peut très nettement s'améliorer mais qui ne disparaît jamais.


6.2. Le dépistage


Dans notre société, la langue écrite et la langue orale sont très importantes, elles permettent d'avoir une bonne scolarité, une bonne communication et un savoir essentiel.
L'écrit est fortement utilisé dans notre scolarité et de notre vie professionnelle, ce qui met à part les dyslexiques. On comprend alors la nécessité de traiter le plus tôt possible les enfants dyslexiques afin d'éviter l'échec.

Dès la première primaire, si un enfant montre un manque de fluidité dans sa lecture, des impressions et/ou une certaine lenteur, cela doit susciter un questionnement de ses professeurs. Un dyslexique peut en effet lire jusqu'à trois fois moins vite qu'un enfant du même âge.
« La dyslexie étant un trouble spécifique dans l'apprentissage de la lecture, le diagnostic de dyslexie ne peut être posé qu'après un retard de 18 mois, soit vers l'âge de 7 ans et demi – 8 ans » . C'est un âge bien avancé car l'enfant souffre déjà de troubles de l'apprentissage. Les logopédies aident déjà les dyslexiques avant la pose du diagnostic si elles constatent des atteintes spécifiques à la dyslexie (on peut les observer en enfantine déjà, notamment quand le langage oral est mal mis en place).
Les scientifiques parlent de dyslexie lorsqu'un décalage d'un an et demi ou deux ans s'observe, par rapport au niveau de lecture attendu.

Nous avons eu un entretien avec les logopédistes. Mme Aurélie Bédat et Mme Martine Collin. Elles n'ont pas la même vision des choses. Mme Collin reste dans le traditionnel et Mme Aurélie Bédat utilise un nouveau logiciel informatique.
Le dépistage dépend de l'âge de l'enfant. Tout d'abord, l'enfant passe un test afin de voir ses différences élémentaires.
Ce test se nomme : « exalang ». Il se pratique sur ordinateur.

Dans un bilan global :
• Mémoire court terme, par exemple la répétition de chiffre.
• Mémoire visuelle.
• Métaphonologie (capacité à jouer avec les sons), division ou inversion des syllabes.
• Langage oral, au niveau lexique ou encore la compréhension orale. Par exemple, répéter les fautes comme : « les cheval », compréhension orale de texte où l'enfant répond à des questions, construction d'une histoire afin de voir la structure de l'histoire.
• Langage écrit.
• Lecture : il y a deux possibilités : La première est l'adressage, lorsqu'on lit les mots globalement. La deuxième est l'assemblage, lorsqu'on lit les lettres ou les syllabes séparément et qu'on les fait fusionner pour donner le mot
• Epreuve d'orthographe : afin de juger les erreurs, le choix orthographique avec des dictées à trous. Elle pratique également la chrono-dictée avec la pression temporelle (comme le professeur dicte en classe).

Ce test permet d'observer la compréhension de phrases ou de textes avec des questions. On voit aussi la vitesse de traitement. Cette évaluation se fait sur 3 séances. Suivant la demande ou ce qu'elle en déduit, la logopédiste ne fait pas tous les tests. La prise en charge dépendra de l'évolution de l'enfant. Par exemple, un adolescent qui a trouvé un apprentissage n'aura pas nécessairement besoin d'une prise en charge dans le cadre de sa formation. Par contre, s'il continue ses études à l'université, on lui proposera une aide.


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Lorsque le diagnostic est posé, la plupart des parents sont soulagés car ils savaient qu'il y avait un problème.
D'autres parents sont en deuil. Ils sont parfois déçus voir triste et ne comprennent pas ce que cela implique. Très rarement, les parents refusent que leur enfant soit pris en charge.


6.3. La prise en charge


Lors des interviews avec nos différents doyens et professeurs, nous leur avons posé à tous la même question : « Selon vous, ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires » ?

Les réponses les plus souvent reçues, sont :
• La dyslexie est prise en charge certes, mais il y a 30 ans en arrière personne ne s'intéressait à ce problème.
• La prise en charge dans les écoles devrait être améliorée.
• Les gens pourraient faire beaucoup plus pour les aider. La plupart des personnes interrogées pensent qu'il faut améliorer la formation des enseignants entre la première primaire et la quatrième année. Car l'on diagnostique plus facilement un enfant dyslexique pendant ces années-là que dans les classes supérieures. Le seul problème est que les enseignants des petites classes sont déjà débordés car on leurs demandent de savoir gérer des enfants turbulents, hyperactifs ou avec un handicap physique, sensoriel ou visuel.
Les seules solutions pour l'instant sont les écoles spécialisées, mais elles coûtent chères. Certaines d'entre elles sont subventionnées par l'Etat mais pas toutes. Il faut aussi compter que les dossiers sont sur listes d'attente car il y a trop peu d'école pour le nombre d'enfants atteints par ces handicaps.
Pour les enfants atteints d'un trouble « dys » il existe des écoles spécialisées. Ces écoles sont des ex- centres logopédiques (Fondation Mérine, Fondation Entre-lacs, Fondation des ombelles, Fondation Eynard-Eynard où Mme. Jimenez enseigne) et des associations-écoles tel que Dix Atouts qui se trouve à Neuchâtel.


6.4. Analyse des questionnaires des dyslexiques


Nous présentons les données récoltées auprès de plusieurs personnes atteintes de troubles « dys ». Nous voulons mieux comprendre comment la scolarité et la prise en charge se sont passées pour chaque personne. C'est pourquoi nous avons décidé de lancer un appel sur les réseaux sociaux pour trouver une dizaine de personnes dyslexiques entre dix-sept ans et cinquante ans.
Une dizaine de personnes nous ont répondu et nous leurs avons envoyé notre questionnaire (voir annexe). Grâce au panel d'âge, nous avons analysé à quelle période la dyslexie a été concrètement prise en charge à l'école : Démontrer qu'après une bonne prise en charge, le handicap est stabilisé voir amélioré et que plus le diagnostic est précoce mieux c'est pour l'enfant.

L'échantillon est composé de 7 femmes et 3 hommes ; tous droitiers. Néanmoins, il est possible qu'un dyslexique soit ambidextre (facilité à écrire des deux mains). La plupart ont été diagnostiqués dyslexiques pendant leur enfance mais une seule femme a été diagnostiquée à l'âge adulte. Une seule n'a jamais suivi de traitement.
Il faut savoir que la dyslexie a été sérieusement prise en charge que vers la fin des années 80 et que les diagnostics systématiques ont commencé vers 1995.
Deux de nos témoins vivent en Hollande mais ont fait toute leur scolarité en Suisse, les autres vivent tous dans le canton de Vaud.

Lorsque nous avons analysé chaque questionnaire nous avons décidé de faire des catégories.

Tout d'abord, le questionnaire comportait une quinzaine de questions. A partir de-là, nous voulions démontrer que plus la prise en charge est précoce, meilleurs sont les résultats. Pour la plupart d'entre eux, leur dyslexie a été décelée assez tôt, au alentours de la 1ère voir la 2ème année scolaire et dans de rares cas, vers la 5ème année par les enseignants, les logopédistes ou encore les psychologues scolaires. Au début, les enseignants ne voient pas tout de suite qu'il y a un problème, mais lorsqu'un enfant n'arrive pas à lire, ou confond les sons, on se demande si tout va bien : « ma mère avait des doutes car j'écrivais à l'envers mais mon enseignant d'école enfantine disait que ce n'était pas une dyslexie », nous a raconté Marie. Il faut savoir qu'en enfantine écrire en miroir n'est pas forcément un signe que l'enfant est atteint de dyslexie. Ce signe est relevé dès la première primaire.

Dès le diagnostique posé, les logopédistes vont tout mettre en œuvre pour faire progresser l'enfant. Un traitement d'environ 3 à 4 ans est proposé à ces jeunes, à raison de deux séances par semaines suivant la gravité de la dyslexie.
Durant cette période particulière, ces jeunes sont soutenus par les enseignants et leurs parents. Il y a aussi la possibilité de faire un traitement via la méthode d'Alfred Tomatis « J'ai fait 4 ans de logopédie et 2 séries de traitement avec la méthode Tomatis », nous raconte Allison.
Donc de la 1ère année à environ la 6ème année, la scolarité de nos dyslexiques, s'est passé difficilement.

Certains parents décident d'envoyer leur enfant en école privée, d'autres sont obligés de redoubler. Pour certains, les classes ont un effectif trop important et n'obtiennent pas tout le soutien dont ils ont besoin : « l'effectif de la classe étant trop grand ; je ne pouvais pas bénéficier de l'aide dont j'avais besoin et mes notes étaient catastrophiques » nous dévoile Tamara. Pour d'autres, un déclic se produit à partir de la 7ème. Car, un travail est fourni et les résultats de ces jeunes s'améliorent. Leur scolarité se termine relativement bien dans l'ensemble.
La plupart des professeurs se montraient compréhensifs avec ces dyslexiques, d'autres ne voulaient pas faire de passe-droits, signe d'injustice pour les autres.
Comme Tamara nous a raconté : « d'autres ont tout fait pour me tirer vers le bas... comme par hasard, chaque fois qu'il y avait une interrogation orale, ça tombait sur moi et c'était désastreux ». On voit bien que les professeurs font selon leur envie et leur bon vouloir.
« D'autres recevaient des examens sur mesure, avec l'orthographe enlevée à la rédaction ou encore des questions réduites lorsque le test était trop » nous explique Cyril.

Pour les dyslexiques de plus de 18 ans, le gymnase ou encore les hautes écoles/universités se passent bien : « une moyenne qui jonglait entre 5.3-5.6 avec l'habitude de travailler assidument » nous raconte Allison. En cas de besoin, des cours d'appuis sont mis à disposition des élèves qui ont des difficultés dans les branches, telles que le français, les maths ou l'anglais. De plus, les étudiants peuvent également s'adresser à leurs camarades de classe pour des explications supplémentaires. L'apprentissage se passe dans les mêmes conditions que le gymnase. Suivant la formation, la dyslexie ne posera pas de problème.

Il y aura toujours des branches dans lesquelles un dyslexique aura plus de peine, par exemple lors de dictées en français, ou encore en histoire lors de rédaction sur un sujet. Par contre, leurs points forts scolaires seront les maths, la géométrie où il n'y a guère d'orthographe. L'allemand et l'italien sont également des langues moins compliquées que le français.

On constate donc, qu'une dyslexie pressentie lorsque l'enfant à entre 7 et 8 ans et qui permettra une bonne rééducation et une diminution de son trouble. Les difficultés des sons confondus ou l'inversion des lettres sont améliorées mais il restera certes toujours des séquelles. Deux de nos dyslexiques ont été placés en école privée et leur scolarité s'est toujours bien passée avec leurs professeurs. Dans les écoles publiques, la scolarité de nos dyslexiques s'est généralement bien passée, mais les maîtres ne sont pas toujours compréhensifs.

Quand au redoublement, les dyslexiques ont pratiquement tous refait une année au moins une fois. Souvent, la première primaire voir la deuxième primaire lors de la découverte de leur trouble.
Des difficultés orthographiques sont toujours visibles pour certains. D'autres, ont développé une orthographe lexicale et grammaticale suffisante pour faire face à leurs besoins professionnels.

Nous avons demandé à ces dyslexiques quels conseils donneraient-ils aux plus jeunes atteints du même trouble qu'eux. Beaucoup nous on répondu, de demander de l'aide au plus vite, afin de diminuer un échec scolaire. D'autres, nous disent que la dyslexie devient même un don « de s'accrocher car plus tard, être dyslexique est presque un atout ». Une logique est développée par les dyslexiques qui leur sera très utile. Faire de la lecture à haute voix le plus souvent possible, peut les aider. L'expérience d'avoir surmonté une telle difficulté dans l'enfance donne de la force lorsque d'autres difficultés se présentent dans la vie. Les dyslexiques sont connus pour être des travailleurs acharnés : ils ont appris à ne pas ménager leurs efforts à l'école et à garder ce rythme dans le milieu professionnel.


7. Evolution de la prise en charge


7.1. La loi de Bertrand Clot


Depuis avril 2009, la loi de Bertrand Clot, demande « de reconnaître et de prendre en compte le handicap des enfants atteints de dyslexie par une base légale dans la loi scolaire ». Bertrand Clot a déposé cette requête le 27 novembre 2001. Ce député connaissait peu la dyslexie. Lors de ses années d'enseignement, il a constaté qu'un élève avait répondu à une seule question lors d'un travail écrit : « cet élève avait rendu son épreuve avec les larmes aux yeux. Il n'avait pas eu le temps de lire les autres questions car il souffrait de dyslexie. Par cette expérience, le postulant a vraiment pris conscience que le problème était grave et méritait une intervention parlementaire. »

Dès lors le canton de Vaud octroie des moyens pour les dyslexiques.
Cette loi met à disposition des logopédistes reconnus pour prendre en charge les dyslexiques. « Chaque dyslexique peut bénéficier d'un programme adapté. Ils peuvent recevoir des appuis spécifiques. » Ils peuvent faire appel à différents spécialistes tels que des psychologues, des psychomotriciens ou logopédiste en milieu scolaire.
Lors d'une conférence, plusieurs remarques ont été faites. Il en est sorti que premièrement aucune formation des enseignants n'est faite sur le sujet et deuxièmement, qu'il y a un manque de renseignement sur le dépistage de ces enfants.
Le dépistage est resté sous silence par beaucoup de monde ; personne ne sait l'importance de ce trouble et les traces qu'il peut laisser.


7.2. Les écoles primaires


Nous allons analyser le contenu de nos interviews ;
Nous avons rencontré la logopédiste de l'école primaire de Montreux et la maîtresse de 3-4ème primaires de l'école de Corsier-sur-Vevey. Durant ces interviews, nous avons pris connaissance du traitement de la dyslexie dans ces établissements.

Tout d'abord, des allégements de toutes sortes sont possibles à l'école de Montreux.
Il y a un certain nombre de dyslexiques dans l'établissement, mais la logopédiste n'a pas pu nous faire de moyenne, car ils ne sont pas répertoriés dans un fichier informatique.
La prise en charge est faite selon le profil de difficultés de l'élève dyslexique, ce qui permet de renforcer et développer des stratégies.

Si l'enfant a un déficit de la voie d'assemblage, c'est-à-dire un problème de déchiffrage des mots nouveaux, il sera entraîné à les lire et essaiera de les lire toujours plus vite. Si ceci n'aboutit à rien, alors on l'entraînera à lire des mots qu'il connaît.

En ce qui concerne les classes de la 3ème à la 4ème année, Mme Gubser, enseignante à l'école de Corsier, nous a expliqué qu'il y a environ 3 élèves sur 20 dans sa classe qui sont atteints de dyslexie. Dans cet établissement, il y a une logopédiste spécialement mise à disposition ; son travail est d'informer les parents, de donner des conseils à ses collègues enseignants et créer de nouveaux allégements. Elle adapte son enseignement au besoin des enfants.

Cette aide est mise en place spécialement pour eux. Elle se passe de la façon suivante : lors de vocabulaire, de verbes à apprendre à la maison, les enfants « dys » reçoivent moins de devoirs que leurs camarades. Lors d'exercices en classe, l'enseignante leur lit les consignes ce qui va aider les enfants à mieux comprendre ce qu'ils doivent faire. En ce qui concerne les lectures à effectuer à la maison, les textes sont choisis en fonction du niveau de l'élève. Pour l'aider à différencier les lettres comme b ou p ou q, l'enseignante leur fait des cartes mnémotechniques comme par exemple : p=papa/b=bébé.

On constate que les professeurs sont de mieux en mieux formés sur la dyslexie. Ceux-ci adaptent leur enseignement au besoin de l'enfant.


7.3. Les écoles secondaires


Pour les classes de la 5ème à la 9ème année, nous avons interviewé la doyenne de l'école de Vevey.
Nous avons été chaleureusement accueilli par une des doyennes de cet établissement, Mme Christiane Besson.

L'école de Vevey a en effet commencé il y a un an et demi à mettre en place un système de « catalogue » des dyslexiques du collège. Dans ce programme informatique, les doyens prennent notes de qui est dyslexique et si un diagnostique a été posé. Chaque année, ils s'occupent de redemander à ces élèves s'ils sont encore suivis et ils prennent le temps de remettre en place un suivi spécial pour chacun d'eux. Si les parents ont refusé une prise en charge de l'enfant, l'école ne fera rien car elle ne prend en compte que les élèves qui sont diagnostiqués et suivis par le PPLS .

Le professeur principal de l'élève se retrouve avec les doyens afin d'adapter une mesure spéciale ; il est possible qu'un élève soit dyslexique mais réussisse de façon aisé son année scolaire, donc pour lui un allégement scolaire ne sera pas forcément nécessaire. Par contre, un élève qui a de la peine, recevra une adaptation.

Un professeur de français comptabilise différemment pour les dyslexiques. Par exemple pour les fautes d'orthographe, l'échelle sera plus grande. En cas de dictée, l'élève écrira moins de mots.

Pour les examens, il est possible que l'élève se fasse lire les consignes à haute voix pour comprendre ce qu'il doit faire. Pour cela, une salle de classe est mise à sa disposition.

Au sujet des séances de logopédie, l'élève peut les prendre à n'importe quelle heure dans la journée.
Mais il est quand même préférable de les prendre en dehors du cadre scolaire afin de ne pas manquer les cours.

On peut donc constater que l'école de Vevey commence gentiment à mettre en place un allégement. Les dyslexiques s'annoncent au près des doyens dès le début de l'année afin de bénéficier au plus vite de ces allégements.

Bocherens-Bays no 7


7.4. Les gymnases, la Haute Ecole et l'université


Une fois que les élèves dyslexiques ont atteint le stade du gymnase, l'allégement existe toujours, mais est nettement moins appuyé que dans le cadre de l'école obligatoire. Nous avons reçu de la documentation du Gymnase de la Cité, de la part de Monsieur Philippe Campiche. Ainsi qu'une interview avec le doyen du Gymnase de Burier Monsieur Vulliamy et Monsieur Luc Zbinden, doyen du Gymnase de Bugnon.

Nous savions que des allégements étaient possibles dans les gymnases, mais que sur présentation d'un certificat. En comparent tous les gymnases, nous avons constaté que le Gymnase de la Cité avait une charte de 3 pages sur des adaptations pour dyslexiques. Avec les différentes interviews, nous avons pu constater que le Gymnase de la Cité était celui qui avait mis en place le plus d'adaptations possibles pour répondre aux besoins des dyslexiques. Cela a beaucoup d'avantages selon nous. De cette façon, l'élève ayant un trouble « dys » aura plus de facilité. Par exemple, une relecture via le dictionnaire est acceptée, il a droit de se faire lire la consigne et même se la faire reformuler. Il a aussi une possibilité de rattraper les points d'un test où l'orthographe comptait, en le recorrigeant. Nous nous sommes donc posées la question : le Gymnase de la Cité a-t-il autant d'allégements parce qu'il a eu plus de cas de dyslexies ?

A Burier, un allégement peut être effectué sous présentation d'un certificat de traitement via une logopédiste pour autant que le traitement soit encore en cours. Si l'élève est toujours en traitement ou s'il suit un appui particulier dans certaines branches, les doyens pourront envisager une entrée en matière avec lui. Si plus aucun traitement n'est effectué, cela veut dire, selon M.Vulliamy, « qu'il n'a plus besoin d'aide. ». Peut-être que certains ne s'annoncent pas car ils veulent être sur un même pied d'égalité avec leurs camarades et ne veulent pas bénéficier d'un traitement de faveur. Lorsqu'un allégement est accepté, l'élève bénéficie de plus de temps dans les travaux écrits de français, de géographie ou d'histoire. Dans les tests, l'orthographe sera comptée différemment.
Dans le cadre des examens, un temps supplémentaire leurs est accordé. « Chaque années 2 à 3 élèves reçoivent 20 à 30 minutes de plus que les autres ». L'orthographe peut être comptée différemment pour les examens. Dans des cas particuliers, une salle de classe peut être mise à disposition de l'élève mais comme il y a 1m50 entre chaque table lors des examens, cette demande peut être refusée.
Les professeurs sont dans l'obligation de mettre en place des adaptations pour les élèves, selon les demandes de la direction.

Monsieur Zbinden a répondu à notre E-mail en nous disant qu'au Gymnase du Bugnon tout ce fait au cas par cas. Il regarde les difficultés de l'élève ; s'il a de grosses difficultés dans certaines branches et si l'élève présente la copie d'un certificat de traitement par une logopédiste, il recevra un allégement.

Dans le cas de la Haute Ecole de La Source, nous avons eu la chance de rencontrer Monsieur Daniel Ducommun, professeur à la HES-SO et également responsable des affaires estudiantines.
Il nous a clairement dit que depuis 2006, 5 à 6 dyslexiques sur 600 élèves ont été le voir, ce qui est excessivement peu. Selon lui, il doit y en avoir d'autres.
Dans cette école, aucun registre n'est fait. Mais pour ceux qui se sont annoncés, M. Ducommun leur demande de donner un certificat de logopédie et de le lui rappeler au début de chaque année. Monsieur Ducommun informe chaque professeur que tel élève est dyslexique, mais ceux-ci sont libres de choisir s'ils veulent mettre en place un quelconque allégement.
Il existe une prise en charge pour ces dyslexiques. Par exemple pour les examens écrits, 30 minutes de plus leur sont attribuées sur un examen d'une durée de 3h30. Lors de correction de l'épreuve, l'orthographe et la syntaxe ne sont pas prises en charges.

Pour le cas universitaire, nous avons écrit à l'université de Lausanne. Mme Natalie Janz, adjointe de l'enseignement, a très gentiment répondu et accepté de nous rencontrer.
Lorsqu'un adulte atteint le niveau universitaire, c'est que sa dyslexie ne l'a pas empêché de réussir ses études. A l'UNIL, Mme Janz nous a très bien dit que c'était très rare qu'il y ait des dyslexiques. Ou s'il y en a, ils ne se sont tout simplement pas manifestés car ils estiment qu'ils n'ont pas besoin d'un allégement et qu'ils s'en sortent très bien comme cela. Cette année, elle nous a dit qu'il y avait que 2 dyslexiques annoncés.
La prise en charge dans le milieu universitaire se fait au cas par cas. Il peut y avoir des allégements sur demande. Par exemple, si une personne dyslexique est assise tout derrière dans l'amphithéâtre, elle a la possibilité de demander à être mis tout devant. Ou pour les examens, une salle peut être exceptionnellement mise à sa disposition afin qu'elle puisse lire à haute voix les consignes afin de ne déranger personne. Durant les examens écrits, elle peut avoir 20 à 30 minutes de plus que les autres.


7.5. La vie professionnelle


Nous avons trouvé que la vie professionnelle était un point très important dans le thème de la dyslexie. Lors de nos différentes interviews, nous avons posé la même question à chaque personne : « Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement » ?
Nous avions déjà une petite idée de leur réponse mais nous voulions avoir le point de vue de professionnels.

Chaque personne nous a répondu avec simplicité et une même idée est sortie du lot.
Les personnes dyslexiques ont un début de scolarité très compliqué, ce qui les démotive très vite. Il y a quelques années, le problème était tel que, même un élève dyslexique avec un QI très élevé (125) pouvait passer entre les mailles du filet et se retrouver très vite en échec. Personne ne cherchait à comprendre où était le problème. L'élève était catalogué comme turbulent, ne faisant pas ses devoirs et n'écoutant pas la maîtresse.

Mais depuis quelques années, les associations de parents d'enfants dyslexiques et les fondations telles que EYNARD-EYNARD, se mobilisent pour faire bouger les choses.

Cette fondation s'est créée en 2007 grâce à un groupe d'enseignantes dyslexiques. Maintenant que le problème est mieux connu, les parents prennent contact très vite avec une logopédiste.

Bocherens-Bays no 8


Grâce à cette prise de conscience, les futurs dyslexiques seront pris en charge plus tôt et les séquelles seront moins lourdes à porter. Avant et pendant sa prise en charge, un enfant dyslexique a et va développer un certain nombre de stratégies qui l'aident et l'aideront à mieux surmonter son handicap.

Avec la plasticité du cerveau, les neurosciences ont prouvé que l'on peut faire évoluer le cerveau à n'importe quel âge. Donc, même les adultes peuvent commencer une thérapie, mais sera certainement plus compliqué que s'ils étaient enfants.

 

Conclusion


Le but de notre travail personnel était de montrer l'amélioration de la prise en charge de la dyslexie en Suisse. Nous avons observé que malgré les nouvelles découvertes, le combat de certaines personnes pour les dyslexiques, et les nouvelles thérapies, le milieu scolaire reste très difficile pour les enfants « dys ». Le programme scolaire est trop rapide et surchargé pour un bon apprentissage. Ces enfants ont toujours des mois de retard dans le programme.

Dans le milieu gymnasial, le milieu universitaire et le milieu de la Haute Ecole, il n'y a pas beaucoup d'allégements car les étudiants atteints d'un trouble « dys » sont peu nombreux. Nous en avons déduit deux hypothèses. Soit il y a très peu de personnes « dys »qui atteignent ce niveau d'étude, ce qui nous paraît peu probable. Soit le handicap est mieux pris en charge depuis une dizaine d'année donc les personnes atteintes de troubles « dys » ne sentent plus la nécessité d'avertir l'établissement et de demander un allègement quelconque.

Nous avons trouvé très peu de personnes atteintes de troubles « dys » ayant plus de 55 ans. Nous pensons que c'est peut-être dû au fait qu'à l'époque, soit il y a plus de 30 ans, la dyslexie était un problème très mal inconnu et n'était donc pas diagnostiqué systématiquement. Nous avons également eu de la peine à trouver des parents qui étaient d'accord que leur enfant témoigne. Nous avons donc préféré réduire la fourchette d'âge entre 17 et 55 ans.

Nous avons aussi constaté durant nos interviews, que des allégements scolaires sont progressivement mis en place. Les gens commencent à se rendre compte que c'est un problème sérieux, qui touche de plus en plus d'enfants. Désormais, il y a quelques écoles spécialisées qui préparent les enfants dyslexiques à réintégrer l'école publique, grâce à des programmes spéciaux. Le seul désavantage est que ces écoles coûtent très chères aux parents.

Nous avions dans l'optique de faire un plus long chapitre sur la neurologie mais nous avons constaté que nos connaissances en biologie n'étaient pas assez développées pour créer un chapitre qui tenait la route.

De notre point de vue personnel, on a beaucoup appris sur la dyslexie. Tout d'abord, nous avons pris conscience que ce sujet n'était pas facile et encore relativement tabou, que la dyslexie était un handicap très lourd à accepter pour de si jeunes enfants mais, que grâce à des personnes comme Mme Jimenez, ils retrouvaient le chemin de « l'école standard ». Nous avons aussi appris que la présence d'une logopédiste est importante dans la vie de l'enfant, que les traitements restent complexes et qu'il faut de la patience pour arriver à des résultats satisfaisants.

Nous terminerons ce travail personnel en citant la très belle phrase de George Santayana : « Un enfant qui ne s'est instruit qu'à l'école, n'est pas un enfant instruit. ».

 

Bibliographie


Ouvrages


• KREMER Jean-Marc, Les 500 conseils de l'orthophoniste : Troubles du langage, Paris : Editions Josette Lyon, 1994.
• OUZILOU Colette, Dyslexie une vraie-fausse épidémie, Paris, Presses de la Renaissance, 2001.
• REID Gavin, GREEN Shannon, 100 idées pour venir en aide aux élèves dyslexiques, France : Alta Communication, 2009, Tom pousse.
• MUCCHIELLI-BOURCIER, Arlette, La prévention de la dyslexie à l'école, Paris : L'Harmattan, 2004
• THOULON-PAGE, Chantal, La rééducation de l'écriture, Paris : Masson, 2001
• CAHEN, Janine, Réussir malgré sa dyslexie, Paris : L'Harmattan, 2000
Sites internet :
• Dictionnaire médicale, http://www.informationhospitaliere.com/dico-143-dyslexie.html
Il s'agit d'une définition des symptômes de la dyslexie.
• Dyslexie, Dysorthographie et autres troubles, http://www.afped.ca
Il s'agit d'une association francophone des parents d'enfants dyslexiques.
• Dyslexie-anglais, http://www.perso.numericalbe.fr/anglaiseetdyslexie/dyslexie/definition.htm,
Il s'agit d'un texte expliquant la difficulté des langues pour le dyslexique.
• Dyslexie un don !, http://talent3d.wordpress.com/2007/07/17/dyslexiques-celebres-belleliste/,
Il s'agit d'un blog pour les parents d'enfants dyslexiques
• Dyslexie, http://pages.infinit.net/ortho/dyslexie.htm
Il s'agit d'un site cernant la dyslexie et ces mythes
• La dyslexie-dysorthographie, http://www.reseau-normandys.org/troubles-specifiques-des-apprentissages/dyslexie-dysorthographie,1258,887.html
Il s'agit de définitions sur le sujet « dys » et des explications.
• Publimath, http://publimath.irem.univ-mrs.fr/glossaire/DY002.htm
Il s'agit d'un site où nous avons trouvé une définition de la dyslexie
• New médical, http://www.news-medical.net/health/Dyslexia-Theories-(French).aspx
Il s'agit d'un article concernant la théorie de la dyslexie.

Articles avec auteur

• PHILIPON, Patrick, « Trouble sur l'origine de la dyslexie »
• http://www.larecherche.fr/actualite/cerveau/trouble-origine-dyslexie-01-10-2003-86363
• PLAZA, M, « Troubles du langage orale et dyslexie du développement,
• http://www.medialexie.com/dyslexie.php
• RACLE, Gabriel, « La véritable dyslexie : un problème neurologique » http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/colan_0336-1500_1986_num_67_1_173
• RAMUS, Franck, « Aux origines cognitives, neurobiologiques et génétiques de la dyslexie » http://www.lscp.net/persons/ramus/docs/ONL05.pdf
• RANDIN, Philippe, « RAPPORT DE LA COMMISSION, chargée d'examiner les objets suivants:Rapport relatif au postulat Bertrand Clot demandant de reconnaître et de prendre en compte le handicap des enfants atteints de dyslexie par une base légale dans la loi scolaireRapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil complémentaire du rapport numéro 13 relatif au postulat Bertrand Clot sur la dyslexie » http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/13_127_RC.pdf
• RINGARD, Jean-Charles, «A propos de l'enfant «dysphasique» l'enfant «dyslexique»,
• http://www.chu-poitiers.fr/Docutheque/PIS_La_dyslexie.pdf
• WARD, Louise, « dyslexie primaire développementale », édition canadienne, http://www.dyslexiaassociation.ca/francais/files/dysprimdev.pdf

 

Annexes

Questionaires

Questionnaire 1

Prénom : Sébastien

Etes-vous un homme ou une femme ? Homme

Quel âge avez-vous ?
20 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitier

Comment s'est déroulée votre scolarité ?

1ère à 6ème années primaires
Ca s'est très bien, j'ai juste redoublé ma 6ème en école privée.

7ème à 9ème années
Extrêmement bien, j'étais en VSB.

Le gymnase ou votre apprentissage
Je suis en apprentissage pour l'instant et il se passe plutôt bien.

L'université/les Hautes Ecoles
Je n'y suis pas encore, mais je me suis déjà inscrit pour la HEG à Yverdon.

La vie professionnelle
Elle se passe bien, il y a une bonne entente entre collègues.

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui, la 6ème année et 3ème année d'apprentissage dû à un manque de travail.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Les maths car la logique est mon point fort.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
La compréhension de texte en français et également dans les langues en générales.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Ils se sont montrés méchants de la 5ème à la 6ème années. Sinon tout allait bien mais les meilleurs professeurs étaient en école privée.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
De certains oui mais d'autres non.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Je ne me sentais pas différent.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En 5ème année, si mes souvenirs sont bons. Par des professeurs qui auraient quelques peu remarqués, puis par une logopédiste.

Comment ont réagi vos parents ?
Bien, il n'y a pas de quoi stresser.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
J'ai été soutenu par mes parents et ma logopédiste. J'ai eu le droit à un soutien moral même si ce n'est pas grave et des exercices.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai été suivi par une logopédiste pendant 3 ans, après tout allait mieux. Même si j'ai toujours un peu de séquelles et je ne parlerai pas de traitement mais d'exercices à effectuer pour combler ce petit souci.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui un peu, toujours en français durant mes cours quand je dois lire devant toute la classe.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Je conseillerai d'aller voir une logopédiste et surtout de lire beaucoup et surtout à haute voix.

 

Questionnaire 2

Prénom : Sime

Etes-vous un homme ou une femme ?
Homme

Quel âge avez-vous ?
19 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitier

Comment s'est déroulée votre scolarité ?

1ère à 6ème années primaires
Ma scolarité s'est plutôt bien passée, j'ai juste eu quelques difficultés pour les tests écrits, mais le reste ne m'a pas causé de problème.

7ème à 9ème années
La même chose que les années primaires.
Le gymnase ou votre apprentissage
Je suis au gymnase et tout se passe bien à part en français où les fautes d'orthographe sont mon point faible.

L'université/les Hautes Ecoles
/
La vie professionnelle
/
Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Non je n'ai jamais redoublé.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Oui j'étais plus alaise dans les branches scientifiques et mathématiques, parce que je suis une personne logique.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
J'avais des difficultés en français dans les dictées, et dès que l'orthographe comptait, et dans les langues dès qu'il y avait de l'écrit.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Certains m'ont aidé, d'autres m'ont traité avec indifférence.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Oui certains m'ont soutenu.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Non pas du tout.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
Quand j'étais en 3ème année, par mon professeur principal.

Comment ont réagi vos parents ?
Ils ont cherché à m'aider et à trouver une solution.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
J'ai été soutenu par une logopédiste, qui m'a réexpliqué les règles de français et me faisait lire et écrire des histoires.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai fait 9 ans de logopédie, avec beaucoup d'écritures de texte, lecture de livres et de l'apprentissage des règles de français.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui je ressens toujours des difficultés dans les dictées, et dès que l'orthographe compte dans les tests.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Je lui conseillerai de lire le plus de livres possibles.

 

Questionnaire 3

Prénom : Cyril

Etes-vous un homme ou une femme ?
Un homme

Quel âge avez-vous ?
18 ans

Etes-vous gaucher ou droitier
Droitier

Comment s'est déroulée votre scolarité ?
J'ai eu une bonne scolarité, mais avec un échec à ma première année de gymnase.

1ère à 6ème années primaires
J'ai eu une scolarité sans encombre. Je l'ai effectuée de la 1ère jusqu'à la 5ème primaire dans le canton de Vaud, à St-Légier. J'ai rencontré quelques difficultés en 3ème primaire ce qui a donné lieu à un rendez-vous avec une spécialiste qui a décrété que j'avais une dyslexie profonde.

7ème à 9ème années
Je les ai effectuées au CO de Bulle en section pré-gymnasiale (équivaut à la VSB sur le canton de Vaud).

Le gymnase ou votre apprentissage
Ma 1ère année a été effectuée au gymnase avec un échec en fin d'année, ce qui fait que maintenant je suis en ECG.

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui j'ai redoublé la 1ère du gymnase car je n'avais pas la moyenne.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Le français ainsi que les autres langues car j'ai beaucoup de facilité à m'exprimer.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Les branches scientifiques ont toujours été mon point faible. Ma dyslexie touche l'orthographe aussi. A ma scolarité obligatoire, j'écrivais presque en phonétique.
Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Des mesures ont été prises. Dès la 9ème, je bénéficiais de 10 minutes supplémentaires à la fin des examens. Cela m'a vraiment aidé.
Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Certains professeurs me faisaient des examens « sur mesure », ce qui m'étaient très bénéfiques. Ex : l'orthographe enlevée lors d'une rédaction ou des questions réduites lors d'examen trop long.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Oui, mon orthographe étant catastrophique, parfois mes examens n'était pas pris au sérieux. Je suis aussi lent dans l'apprentissage de formules mathématiques, chimiques, physiques.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En 3ème année primaire, j ai été diagnostiqué par la logopédiste Martine Collin à Vevey.

Comment ont réagi vos parents ?
Mes parents m'ont aidé et ont traité mon travail, ainsi que ma scolarité comme un enfant sans dyslexie. Il ne fallait pas faire de différence.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
Mes parents ont justement été parfaits à ce sujet.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai effectué deux ans de logopédie, de la 4ème à la 5ème années primaires.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
J'ai toujours des difficultés dans l'orthographe, lors de la rédaction de CV, ou même lors de réponses à un questionnaire.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Pour moi la dyslexie n'a jamais été un problème, je vois ça comme un atout, du fait que j'ai compensé certains retards, par d'autres qualités telles qu'une excellente mémoire auditive. Je conseillerai à ces personnes de faire du théâtre. J'en fais depuis 10 ans et cela m'a beaucoup aidé notamment dans la rhétorique, l'élocution et compenser mon orthographe par une bonne phrase.

 

Questionnaire 4

Prénom : Allison

Etes-vous un homme ou une femme ?
Une femme

Quel âge avez-vous ?
22 ans
Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment s'est déroulée votre scolarité :

1ère à 6ème années primaires
Avec beaucoup de difficultés.
Une manière de travailler très régulière mais des résultats juste satisfaisants.

7ème à 9ème années
Un déclic s'est produit entre la 6ème et la 7ème année.
Un travail à fournir toujours très important mais avec des résultats bien meilleurs.

Le gymnase ou votre apprentissage
Le gymnase s'est très bien passé, avec une moyenne qui jonglait entre 5.3-5.6.
Avec pour habitude de travailler assidument, je n'ai pas changé ma méthode mais grâce à l'intérêt que je portais à mon métier la théorie rentrait bien plus facilement.

L'université/les Hautes Ecoles
Je fais actuellement des modules de perfectionnement me permettant d'acquérir un brevet fédéral. J'ai passé avec facilité le premier module et pour le moment le 2ème se passe bien.

La vie professionnelle
Je gère seule un cabinet médical. J'ai pas mal de responsabilités mais tout se passe bien.

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Non je n'ai jamais redoublé.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
En math, et sciences car ce sont des choses logiques.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Français, langues étrangères, histoire, géographie
car il faut apprendre par coeur, du coup les lettres s'inversent.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Très attentifs, présents et à l'écoutes. Ils mettaient à disposition des cours particuliers après les heures de cours.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Oui

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Non car d'autres camarades avaient tout autant de difficultés sans être dyslexique Mais en ayant autant de peine tout en travaillant 3 fois plus que les autres s'est la confiance en moi que j'avais perdu en étant petite.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En 1ère primaire par ma maîtresse d'école.
Comment ont réagi vos parents ?
Très bien mais ils sont toujours un peu inquiet sur l'avenir de leur enfant.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
Toute ma famille, mes professeurs et mes amis.
Mes camarades étaient très présents et compréhensifs.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai fait 4 ans de logopédie et 2 séries de traitement avec la méthode Tomatis. Pour ma dyslexie, après avoir étudié ce phénomène je suis presque sur que la méthode Tomatis est la plus efficace.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Je dois toujours fournir un travail plus important qu'une tiers personne mais les résultats suivent.
Lors de grande fatigue, j'inverse facilement les lettres et même si je me relis mon cerveau corrige tout seul l'erreur qu'il voit, donc je peux lire 3 fois le même mot sans m'apercevoir que j'ai inversé les lettres.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
De s'accrocher, plus tard être dyslexique est presque un «atout».
On a l'habitude de beaucoup travailler et c'est un rythme qui nous sera utile partout. L'effort nous fait plus peur.
Grâce à nos difficultés on développent une logique qui nous est très utile au quotidien.

 

Questionnaire 5

Prénom : Marigona

Etes-vous un homme ou une femme ?
Une femme

Quel âge avez-vous ?
18 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment s'est déroulée votre scolarité ?
Globalement bien.
1ère à 6ème années primaires
Difficultés de 1 à 4 années.

7ème à 9ème années
Elle s'est très bien passée.

Le gymnase ou votre apprentissage
Mon apprentissage se passe très bien pour le moment.

L'université/les Hautes Ecoles

La vie professionnelle

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui, j'ai redoublé en 2ème année.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
En math, en allemand, car il y a moins d'orthographes compliquées.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
J'avais des difficultés en orthographe en français.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Ils m'ont proposé de l'aide et conseillés des spécialistes.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Oui j'ai obtenu du soutien de leurs parts.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Non je ne me sentais pas différente des autres.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En 1ère année par mes enseignants.

Comment ont réagi vos parents ?
Ils ont réagi normalement.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
Tout mon entourage m'a soutenu, des soutiens spécialisés également.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai fait de la logopédiste pendant 4 ans.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui, j'ai toujours mon problème. Et particulièrement dans l'orthographe.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Je lui conseillerai de demander de l'aide le plus vite possible.

 

Questionnaire 6

Prénom : Marie

Etes-vous un homme ou une femme ?
Une femme

Quel âge avez-vous ?
17 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment se déroule votre scolarité ?
J'ai toujours un peu de mal à suivre le rythme scolaire.

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui, la 9ème car j'avais du mal à suivre et j'ai obtenu de mauvais résultats aux examens.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Oui, les sciences par exemple car s'était du par cœur.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Le français, l'anglais, l'italien mais surtout l'allemand pour l'orthographe.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Ils ne savaient pas tous que j'étais dyslexique car je voulais avoir le même traitement que les autres. Mais ceux qui savaient me prenaient plus en considération.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Oui, surtout en 5ème année car mon professeur m'a beaucoup soutenu.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Oui, car je voyais que pour certaines choses j'avais plus de peine.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En première primaire, ma mère avait déjà des doutes car j'écrivais à l'envers mais mon enseignante d'enfantine disait que ce n'était pas une dyslexie. J'ai fini par être diagnostiquée par la psychologue scolaire.

Comment ont réagi vos parents ?
Ma mère s'y attendait. Mon père n'a pas réagi.
Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
J'ai été soutenu par ma mère, mes professeurs de français jusqu'à la 7ème et ma logopédiste que je voyais deux fois par semaine.
Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai été chez une logopédiste durant 7 ans environ, d'abord deux fois par semaine puis une fois.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui ça m'arrive de confondre des lettres des fois oralement ou par écrit.

 

Questionnaire 7

Prénom : Caroline

Etes-vous un homme ou une femme ?
Une femme

Quel âge avez-vous ?
53 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment s'est déroulée votre scolarité ?
Elle s'est passée difficilement dû a mon handicap.

1ère à 6ème années primaires
Assez difficile, surtout pour la lecture et l'orthographe.

7ème à 9ème années secondaire
Assez difficile, surtout pour la lecture et l'orthographe.

Le gymnase ou votre apprentissage
Mon apprentissage s'est passé bien parce qu'il n'y avait pas beaucoup de théorie.

L'université/les Hautes Ecoles
2 années de Hautes Ecoles de Commerce.

La vie professionnelle
Ma vie professionnelle s'est très bien passée.

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui j'ai redoublé ma cinquième année primaire.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Oui, les maths, la géographie et l'histoire.
Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Dans tout les langues, dans la lecture et pour l'orthographe.
Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Nos professeurs ne connaissent pas la problématique de la dyslexie. Et pour cela ils me disaient que je n'étudiais pas assez, et que je n'étais pas assez attentive.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Non.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Non, comme je ne connais pas ce problème je ne les ai jamais réalisé.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
Après mes période scolaire a +/- 25 ans.

Comment ont réagi vous parents ?
J'étais trop vielle alors il n'ont pas réagi.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
Personne ne m'a soutenu.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
Je n'ai suivi aucun traitement.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui, dans la lecture et dans l'orthographe.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Maintenant que je connais le problème j'avise de faire des tests à l'enfant le plus vite possible afin d'éviter les problèmes durant l'éducation scolaire.

 

Questionnaire 8

Prénom : Clémence

Etes-vous un homme ou une femme ?
Femme

Quel âge avez-vous ?
18 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment s'est déroulée votre scolarité ?
Pas trop mauvaise.
1ère à 6ème années primaires
Pas très bien de là 1er à la 4ème primaire.

7ème à 9ème années
Elle s'est passée assez bien.

Le gymnase ou votre apprentissage
Mon gymnase se passe bien.

L'université/les Hautes Ecoles
/
La vie professionnelle
/
Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui la 4ème sur demande de mes parents.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Oui l'histoire, j'adore cette branche et j'aime le par cœur. Et le dessin je suis très visuelle.
Les branches scientifiques je suis assez douée alors cela me plait.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Le français car mon orthographe était catastrophique et mon niveau de langue orale pareil. Je bégayais quand je lisais. Et les maths, non jamais été mon point fort.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
De la 1er à la 2ème, ils ne se sont pas bien comportés mais dès la 3ème jusqu'à ma première 4ème années cela a été catastrophique. Mes professeurs disaient à mes parents que je n'arriverai jamais à rien que j'étais nulle et dissipée.
En 5ème -6ème années ça n'a pas terrible. Mes professeurs étaient bêtes.
Après tout c'est super bien déroulé.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
De certains oui mais d'autres ont essayé de me couler.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Oui et j'en ai beaucoup pleuré et j'en ai voulu à mes parents.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En fin de 1er année vers l'âge de 8 ans environ.

Comment ont réagi vos parents ?
Bien, ils ont pris les choses en main et ont essayé de m'expliquer et de me rassurer.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
J'ai été soutenu par mes parents et quelques professeurs.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
J'ai fait 3-4 ans de logopédie et j'ai fait un traitement où je devais lire à haute voix avec un casque sur les oreilles.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui de temps en temps. Quand je dois écrire vite et que je suis stressée.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
De garder espoir et persévérer. Ça s'améliore vraiment bien avec l'âge.

 

Questionnaire 9

Prénom : Harmony

Etes-vous un homme ou une femme ?
Une femme

Quel âge avez-vous ?
25 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment s'est déroulée votre scolarité ?
Jusqu'au moment du diagnostique j'ai considéré, les premiers groupes comme très astreignants.

1ère à 6ème années primaires
J'ai redoublé la première.

7ème à 9ème années
(Chez nous cela dure cinq ans) je n'ai pas redoublé.

Le gymnase ou votre apprentissage
(N'existe pas chez nous)

L'université/les Hautes Ecoles
Je n'ai pas encore fini l'université/ Et la Hautes Ecoles je l'ai réussie. J'ai mon bachelor avec une moyenne de 7.5.

La vie professionnelle
Je suis toujours étudiante.

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui, une fois en première année.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
La biologie, la science, le français et le néerlandais.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Des difficultés en math et en économie.

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Jusqu'à ma quatrième année secondaire je n'ai presque pas reçu d'aide.

Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Jusqu'à ma quatrième année pas mais après j'ai reçu plus de temps pour mes examens, le format des examens était sur A3. Et à part cela j'étais jugée moins sévèrement pour l'orthographe.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Oui, j'ai toujours eu des problèmes à suivre le rythme.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
Au début de la septième par une instance spécialisée pour dyslexique.

Comment ont réagi vos parents ?
Soulagée d'avoir enfin trouvé le problème.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
Par mes parents et par cours privé.

Quel traitement avez-vous suivi et pendant combien de temps ?
Je n'ai pas eu de traitement, seulement beaucoup de tutorats.

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Oui, surtout avec la lecture et l'écriture.

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Essaye de lire le plus possible malgré que cela ne soie pas drôle.

 

Questionnaire 10

Nom prénom : Tamara Lévy

Etes-vous un homme ou une femme ?
Femme

Quel âge avez-vous ?
29 ans

Etes-vous gaucher ou droitier ?
Droitière

Comment s'est déroulée votre scolarité ?

1ère à 6ème années primaires
J'ai commencé à l'école publique, passé la première année. En cours de la deuxième année et au vu de mes difficultés, mes parents ont pris la décision de me mettre à l'école privée. J'ai changé d'établissement en cours d'année et repris en première année.
Je suis resté dans le privé jusqu'en 4ème année. Pour la 5ème (année de transition), je suis retournée en publique et y ai fini ma scolarité obligatoire. J'étais dans la voie « du milieu », je ne me souviens plus du nom ! Il me semble que maintenant c'est VSG.

7ème à 9ème années
Toujours dans le public. Les enseignants étaient au courant de mes difficultés.
En fin de 9ème année, les enseignants m'accordent le 0.1 point qu'il me manquait pour entrer au gymnase.

Le gymnase ou votre apprentissage
Ça s'est très bien passé ! (Gymnase de Burier). J'étais en option santé.
Il ne me semble pas avoir parlé de mes difficultés aux enseignants.

L'université/les Hautes Ecoles
Après le gymnase, je suis partie un semestre aux Etats-Unis pour perfectionner mon anglais (bilingue français-anglais), mais aussi parce que je ne savais pas ce que je voulais faire comme métier en sortant du gymnase.
Après ce semestre, je suis revenue en Suisse et ai fait toute une série de stage pour trouver ma voie... Dans des hôpitaux, EMS, écoles spécialisées, avec des thérapeutes (psychomotricienne)... J'ai fait les examens d'entrée pour l'école de psychomotricité à Genève, mais je n'ai pas été retenue.
Suite à cela, j'ai enchainé des « petits boulots ». J'ai travaillé plusieurs mois chez Manor. En parallèle, je cherchais un stage dans une institution pour personnes en situation de handicap, car le métier de psychomotricien (travailler avec des personnes en difficulté) m'intéressait beaucoup. C'était donc une sorte de « deuxième choix » que de faire ce stage.
J'ai fait mon premier stage de 6 mois dans une institution de la région de Morges. Ce stage a été pour moi révélateur sur mon choix de métier/profession ! Je travaillais alors avec des adolescents ayant divers difficultés (autisme, hyperactivité, troubles des apprentissages, handicaps sensoriels, psychoses). Au cours de ce stage, j'ai pris la décision de m'inscrire à l'EESP dans le but de devenir éducatrice spécialisée (maintenant on dit « éducatrice sociale »). Ma candidature acceptée, je devais encore rattraper des cours de psychologie et de philosophie en cours du soir, dans un gymnase de Lausanne.
Après mon premier stage de 6 mois, j'ai fait un autre stage d'une année dans une école spécialisée.
Je suis ensuite entrée en formation à plein temps à la HES de Givisiez (FR). J'ai été diplômée en 2010. Je suis éducatrice sociale.
La vie professionnelle
Depuis août 2010, je travaille dans une institution de la région de Morges (pas la même que mon stage de 6 mois). J'ai travaillé pendant deux ans dans l'école d'enseignement spécialisé et actuellement j'occupe un poste dans l'internat de semaine. Mes collègues sont au courant de ma dyslexie, mais ça n'a aucun incidence sur ma pratique !

Avez-vous redoublé ? Quelle classe et pourquoi ?
Oui. J'ai redoublé la moitié de ma première année en passant de l'école publique (en cours de 2ème année) à une école privée.
L'effectif de la classe en public étant trop grand, je ne pouvais pas bénéficier de l'aide dont j'avais besoin. Mes notes étaient catastrophiques.

Aviez-vous des branches ou vous étiez plus à l'aise et pourquoi ?
Le dessin... j'ai toujours aimé dessiner et j'y suis compétente !
La gymnastique... j'ai toujours été à l'aise là dedans et j'y étais aussi compétente ! Je faisais aussi partie d'un club de gymnastique.
Géométrie... je voyais très vite ce qu'il fallait faire et comment.

Quelles difficultés aviez-vous ? Dans quelles branches ?
Scolarité obligatoire :
Je me souviens que l'apprentissage de la lecture était juste de la torture pour moi ! Je ne comprenais pas... et je voyais les gens s'énerver autour de moi. Je me souviens clairement que je mélangeais certaines lettres : t-s ; p-q ; p-b ; u-v.
J'avais beaucoup de difficultés en français, tant au niveau de la compréhension que de l'écrit.
L'allemand était aussi difficile. L'anglais était plus facile du fait que je suis bilingue.
J'avais des cours d'appui réguliers en math.

Gymnase :
J'avais quelques cours d'appui en math. Pour les autres branches, j'ai la chance d'avoir eu mes camarades qui m'ont beaucoup aidé et réexpliqué ce que je n'avais pas compris pendant les cours.

HES :
Pas de difficultés majeures

Comment vos professeurs se sont-ils comportés avec vous ?
Scolarité obligatoire :
Certain était très compréhensif et faisait en sorte de m'encourager et de m'aider. D'autres ont tout fait pour me tirer vers le bas... comme par hasard, chaque fois qu'il y a avait une interrogation orale, ça tombait sur moi. Et c'était désastreux.
Gymnase :
Rien de spécial

HES :
Rien de spécial
Avez-vous obtenu du soutien de leurs parts ?
Oui, de certain, surtout en école obligatoire.

Vous sentiez vous différent des autres au cours de votre scolarité ?
Oui. De part mon parcours scolaire... et mes difficultés.

A quel moment avez-vous été diagnostiqué ? Et par qui ?
En fin de première année publique j'imagine. Ma maitresse a tiré la sonnette d'alarme et ensuite diagnostique par une logopédiste.

Comment ont réagi vos parents ?
Je pense qu'ils étaient « choqués » suite au diagnostic et qu'ils ne savaient pas trop quoi faire, parce qu'à l'époque la dyslexie n'était pas connue du tout.
Ils ont tout mis en œuvre pour pouvoir m'aider et pris certaines décisions qui, avec le recul, étaient les bonnes.

Par qui avez-vous été soutenu ? Et comment ?
Mes parents... qui m'ont mis en école privée et qui ont passé des heures et des heures à faire les devoirs avec moi. Ils ont toujours cru en moi.
Ma logopédiste... 4 ans de thérapie à raison de 2x par semaine
Mes moniteurs de gym... qui m'ont poussé en avant et qui ont fait un énorme travail avec moi au niveau de ma confiance en moi et de mon estime de moi.

Quel traitement avez-vous suivis et pendant combien de temps ?
Logopédie : pendant 4 ans à raison de 2x par semaine

Ressentez-vous toujours des difficultés ? Dans quelles circonstances ?
Quand je suis très fatiguée, je mélange certaines lettres !
Sinon, rien de spécial

Quels sont les aspects positifs de la dyslexie ? Qu'est-ce qu'elle vous a apporté ?
La dyslexie m'a obligé à me confronter à mes difficultés et à les dépasser.
Je pense que j'ai énormément développé mes compétences visuelles... et qui m'ont certainement donné les outils nécessaires à accomplir tout ce que j'ai fait et réussi !

Quels conseils donneriez-vous à un plus jeune dyslexique ?
Ne pas lâcher... croire en soi et ne pas penser qu'on y arrivera jamais !!!

 

ENTRETIEN AVEC MME MARTINE JIMENEZ

Nous avons rencontré Martine Jimenez, enseignante spécialisée et elle-même dyslexique, grâce à Mathilde Goumaz, responsable de la formation sur la dyslexie. Martine Jimenez nous a donné rendez-vous à son école spécialisée à Lausanne. Cette école s'appelle « fondation Eynard-Eynard ».
Dans cet établissement, sont accueillis des enfants atteints, par exemple, de troubles de la personnalité, d'autisme, d'hyperactivité ou encore de dyslexie aigue.
Martine Jimenez, nous a montré sa méthode de rééducation pour les dyslexiques, ses nouveaux programmes qu'elle crée pour les écoles et son point de vue sur la dyslexie, sur la prise en charge et le futur pour ces dyslexiques.

Neurologie
Les dyslexiques ont une très bonne vision en 3D. Ils arrivent mieux à apprendre un mot s'il y a un détail mis en évidence dans ce mot. Ce détail est souvent la lettre la plus difficile a mémorisé. Exemple : si un dyslexique essaie d apprend le mot « peindre »,Martine Jimenez va mettre en évidence le premier « e » avec un dessin. Grâce à cette méthode madame Jimenez a remarqué que les dyslexiques apprenaient mieux les mots et faisaient moins de fautes d'orthographe. Cette méthode s'appelle la vision sémantique.

Ecole spécialisée :
Dans cet établissement les enfants sont scolarisés de l'âge de 9 ans jusqu'à l'âge de 15 ans au plus. Après ce délai, les enfants avec une pathologie grave sont accueillis dans des foyers protégés. Mais les enfants atteints d'un handicap « dys » par exemple, sont remis dans le circuit scolaire après que leur handicap soit atténué.

Génétique :
Oui la dyslexie est un problème génétique. Par exemple dans la famille de Madame Jimenez, son frère est dyslexique, son oncle, ses sœurs et ses deux nièces.

Dyslexie :
Lorsqu'un dyslexique réussit à lire correctement il n'est plus considéré comme tel mais il ne faut pas oublier que la dysorthographie et les autres « dys » ne se guérissent pas complètement.
De nombreux dyslexique se lance dans une carrière manuelle, tel que la menuiserie car ils ont une très bonne vision en 3D, ce qui les rend très doués dans ces différents domaines.
Madame Jimenez a remarqué au cours de ces années d'enseignement que les dyslexiques mis sous pression, faisaient énormément de fautes et que les conséquences de cette pression étaient bien souvent des problèmes musculaires, telles que des blocages de dos.

Les dyslexiques ont plus de peine à recopier, ils apprennent à lire par déchiffrage et non par vision globale, car si on commence tout de suite avec une méthode globale, l'enfant sera mauvais en orthographe. Le dyslexique est ordré mentalement mais pas dans sa vie quotidienne, il y a de grande chance d'être « bordélique »

Dysorthographie :
Ce trouble de l'orthographie reste mais s'améliore. On ne peut pas dire à un enfant qu'après avoir suivi une thérapie, il ne ressentira plus jamais ce handicap.
Ce qui reste :
• Perception des sons et des phrases confuses. Si je ne suis pas appuyée par l'écrit (support visuel), je ne retiens pas les sons.
• Trouble de l'évocation. C'est le temps qu'on met pour chercher des mots dans sa tête. On préfère parler de « truck », de « machin », de «chose ». Par exemple : prend le truc là au lieu de dire prend le classeur. Ce genre de mot ressort quand on est fatigué et stressé.
• Perception séquence. On mélange dans la tête les mots, donc à l'écrit ça devient catastrophique exemple : Le chien mange un os  Le chien mangeun os. Le mot qui suit un autre mot vient s'y coller. On appelle ça aussi un parasite de lettre. Ou lorsqu'il manque un mot dans notre phrase. Si on est programmé sur une faute, un dyslexique ne la verra pas, donc on va lui changer les idées en dessinant par exemple. Puis plus tard, madame Jimenez fait revenir l'élève à sa faute et il la remarquera.
• Orientation spatiale et temporelle. Les dyslexiques ont souvent des problèmes pour repérer leur gauche et leur droite, avec les chiffres car la vision est en 2D.
• Coordination. Les dyslexiques n'ont pas une très bonne coordination même si celle-ci peut s'améliorer avec des exercices. Par contre, l'enfant a des bons réflexes.
• Décalé : Le programme scolaire vaudois est une vrai catastrophe pour les dyslexiques car il y a des grandes quantités de vocabulaires et en français par exemple, la méthode des groupes « le groupe jaune, le groupe rouge, le groupe bleu » ne convient pas pour eux, ils mélangent les couleurs.
• Automatisation : Le dyslexique est toujours en échec, car il est toujours en construction. Il suit lentement donc en décalage. Il a toujours deux mois de retard sur le programme.

Point fort
• Emotionnel et plus sensible au regard des autres. La fragilité et la créativité.
• Kinesthésique : le mouvement
• Même image : vision sémantique, couleur aussi.
• Mécanisme et schéma : un enfant a dit à sa maman qu'il ne comprenait pas c'était une journée.
• Le dyslexique ne peut pas suivre des indications linéaires : On leur donne le début et la fin, et ils font le milieu. Leur niveau de créativité est impressionnant.

Dys :
Les problèmes appelé « dys» sont nombreux, ils sont liés la plus part du temps avec la dyslexique. Cette palette de « dys» est appelée « constellations des « dys».
• Dysorthographie
• Dyscalculie (souvent entraîné par la dyslexie), difficultés en calcul mental.
• Dyspraxie (hyper gauche) Trouble de la coordination
• Dysgraphie (graphisme ; écrire en mettant les lettres les unes après les autres).

Surcharge cognitive :
Pour les dyslexiques, écouter quelqu'un, prendre des notes et pensé aux fautes d'orthographe est devient très compliqué pour eux. Et le problème c'est que maintenant on demande cela de plus en plus tôt dans les écoles. Ce qui accroît le nombreux d'échecs chez les enfants atteints d'un de ces handicaps « dys »
Enseignants :
Les professeurs ne sont pas formés : pour les accueillir et pour les dépister.
Depuis une année Martine Jimenez donne des séances pour apprendre au professeur comment dépister au plus vite les dyslexiques. Lors de la dernière séance il y a eu 400 enseignants. Martine Jimenez pense que les professeurs ont une trop grande charge sur les épaules. Ils doivent s'occuper d'enfants atteints de troubles très différents les uns des autres. Il faudrait pouvoir créer des classes avec plus de dyslexiques ensemble ce qui avantagerait le professeur et ses élèves.
Il faut aussi que les enseignent apprennent à poser une « étiquette » sur les enfants dyslexiques car de nombreux professeurs disent qu'ils ne veulent pas que l'enfant se sentent différents ou que s'ils l'aident plus que les autres, il y aura des avantages. Mais ce qu'ils ne comprennent pas c'est si personne ne met une étiquette sur l'enfant et si personne ne lui donne des avantages à l'école, il ne s'en sortira pas.
Le potentiel des « dys » est abimé. Car les professeurs ne sont pas formés et que l'aide est au bon vouloir de l'enseignant.

Don :
Oui Madame Jimenez pense que la dyslexie est un don. Ce handicap a survécu durant toutes ces années, donc il doit y avoir quelque chose de très positif dedans autrement il n'existerait plus depuis longtemps. Mais ce don n'est pas reconnu.

Etre accepté dans cette école :
Il faut avoir des troubles « logo ». Des trouble du langage : orale et écrit.
Ici ce n'est pas l'école des fous. On les remet juste sur les rails en français.
A 15 ans, l'enfant n'ira pas au gymnase. On essaie de les réintégrer dans les écoles ordinaires, mais c'est dur. Car on réintègre que ceux qui ont du potentiel et qui montre de l'envie.
Madame Jimenez aime enseigner à des jeunes comme elle.

Choix d'Ouchy :
Cette école accueille spécialement les dyslexiques. Lorsque l'enfant doit être orienté entre VSO/VSG/VSB, les professeurs et la direction ne prennent pas en compte le français comme branche principale, mais regarde les autres branches. S'ils voient que l'élève a de bonne capacité et de bonnes moyennes, alors il ira soit en VSG ou VSB.

Compte rendu de la rencontre avec Anne-Francine Simonin, professeur au collègue de Vevey

Nous avons rencontré Madame Anne-Francine Simonin dans le cadre de notre recherche sur des adultes atteints d'un handicap de type « dys ». Lorsque nous l'avons rencontrée, nous ne doutions pas que Madame Simonin n'avait jamais été diagnostiquée. Nous lui avons posé une série de questions concernant sa scolarité, sa vie professionnelle et son handicap.

Madame Simonin est une femme de 52 ans ; elle écrit de la main droit et aussi de la gauche ; mais quand elle était petite, elle écrivait en miroir de la main gauche. Ce qui veut dire qu'à la place d'écrire son prénom « Anne », elle écrivait « ennA ». Dans sa tête, tout lui paraissait normal. Donc pour l'aider ses professeurs lui ont conseillé de mettre des bracelets à la main gauche pour lui faire comprendre qu'elle devait utiliser sa main droite. Cette méthode a fonctionné.

Pendant sa scolarité, elle a éprouvé de grandes difficultés dans les dictées et la rédaction. Mais à cette époque, on ne se posait pas encore la question, « pourquoi cet élève a tel ou tel problème ». Mais Madame Simonon a quand même été chez le psychologue qui n'a rien trouvé d'anormal.

Au collège elle apprenait tout par cœur car elle ne savait pas très bien lire en public et se fatiguait très vite. Ensuite, elle a effectué son gymnase en littérature pendant 2 ans puis est partie à la HEP. Cette année-là il n'y avait pas d'examen d'entrée. Elle a commencé à être enseignante dans les petites classes lors de ses années d'HEP. Elle a fait deux brevets complémentaires qui ont durée ensemble 7 ans. Le français était l'une des branches obligatoires.

Dans sa vie professionnelle actuelle, Madame Simonin ressent toujours des difficultés. Elle a toujours de la peine à lire en public et de façon très lente. Elle demande toujours à ses collègues de la corriger, et lit environ 3x plus lentement qu'une personne normale. Elle confond les chiffres mais a une très bonne mémoire visuelle et auditive. Elle n'a aucune difficulté avec la coordination car elle est une ancienne championne de basket-ball.

Mme Simonin conclut notre interview, en nous disant que grâce à son handicap elle a réussi à mettre au point des stratégies pour le contourner, lui permettant d'améliorer sa mémoire auditive et visuelle. Et que même si elle n'a jamais été diagnostiquée et traitée et donc qu'elle ne sait pas précisément de quel handicap « dys » elle est atteinte, elle a quand même réussi sa vie professionnelle.

 

Entretien avec M. Vulliamy

Avez-vous eu beaucoup de dyslexiques dans votre établissement ?
Au Gymnase de Burier, il n'y a pas d'élèves dyslexiques. Ils l'ont été au début de leur apprentissage de lecture, lorsque la scolarité était obligatoire et qu'il était suivi par une logopédiste. A 15-16-17 voir 18 ans, ils peuvent souffrir de séquelles dans la dyslexie ou de dyslexie qui n'a jamais été traitée.
Pouvez-vous nous faire une moyenne ?
2/1500 élèves n'ont pas été traités.
60/1500 ont été dyslexiques.
Avez-vous une prise en charge spéciale pour eux ?
Il n'y pas de registre, car cela n'a pas de sens. Il y aura un allégement si une demande est faite.
Si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous vous y prenez ?
Pour la demande, on va chercher à savoir s'il n'y a plus de traitement et bien l'élève n'aura pas de faveur, car on part du principe qu'il n'a plus besoin d'aide. Ou si l'élève est toujours traité ou si l'élève a été traité mais qu'il suit une aide tel qu'un appuie particulier, alors une entrée en matière sera envisageable. Il aura par exemple plus de temps pour des travaux écrits comme le français, la géographie ou encore l'histoire. Ou l'orthographe sera compté autrement dans un test.
Pour ce qu'il en est des examens, ils peuvent bénéficier de plus de temps. Par exemple, chaque année 2-3 élèves reçoivent 20 à 30 minutes de plus que les autres. L'orthographe peut être compté autrement lors de l'examen. Pour les cas vraiment particulier, l'élève peut demander une salle, mais vu qu'il y a un élève par table et qu'il y a 1m voir 1m50 entre les tables, il ne devrait pas avoir trop de soucis pour parler à haute voix.
Il n'y a pas non plus de bon vouloir des professeurs, car tout passe par la direction.
Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement que quelqu'un n'ayant ce trouble ?
Professionnellement, je ne pense pas. Si cette élève a été aidée au bon moment, il ramera peut-être mais s'il a des capacités, il réussira. Si la personne n'a pas été diagnostiquée assez tôt, la formation sera moins livresque.
On adapte son « handicap » à sa vie professionnelle. Le Gymnase n'a jamais été confronté à l'échec.
Selon vous ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires ?
Oui, mais la prise en charge est surtout faite dans les petites classes.
A partir de quand ça a basculé ?
Ca fait 12 ans que je suis dans ce gymnase, Il y a bien longtemps que tout a basculé. Dans les années 80, les professeurs étaient déjà bien informés sur la dyslexie : comment la dépister, comment s'en occuper ? Donc c'est surement avant les années 80, car 30 ans en arrière on savait déjà tout. Il y a 15 ans, en arrière Burier ne faisait rien.

Entretien avec le responsable estudiantine de la Source

Avez-vous eu beaucoup de dyslexiques dans votre établissement ?
Oui nous avons déjà eu des dyslexiques.
Pouvez-vous nous faire une moyenne ?
Depuis 2006, il y a 5-6 élèves dyslexiques étaient venus me voir. Cette année, il y a 2 élèves qui se sont annoncés à moi. Il y a 600 élèves en bachelor. Il doit surement y'en avoir d'autres, mais il faut savoir qu'un certain nombre ne le disent pas. Nous n'avons pas de registre. Je demande juste aux élèves un certificat de logopédiste et de me le rappeler chaque année.
Avez-vous une prise en charge spéciale pour eux ?
Oui
Si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous vous y prenez ?
Nous mettons en place pour les examens sur table, nous laissons 30 minutes sur une épreuve de 3h30. C'est large comme horaire, mais c'est pour être sûr, même s'il y a de fortes chances que l'examen soit rendu avant. Après, les critères d'orthographes, de syntaxes ne sont pas pris en charge.
J'informe les professeurs afin de leur dire qu'un élève est dyslexique et qu'il aura une faveur. Mais cela n'empêchera pas aux professeurs de faire ce qu'ils veulent.
Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement que quelqu'un n'ayant ce trouble ?
Professionnellement, je ne pense pas. Mais un dyslexique va développer des stratégies avec le temps. Après, un début de formation peut être plus dur, donc ce qui signifie que l'école devra s'adapter.
Selon vous ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires ?
Jusqu'où il faut en parler ? La dyslexie est mal mise en place, et mal prise en charge.

 

Entretien avec Natalie Janz, adjoint de l'enseignement de l'université de Lausanne

Avez-vous eu beaucoup de dyslexiques dans votre établissement ?
Non car les dyslexies se font plus rares à l'université soit parce qu'il y en a réellement moins soit ils ne désirent pas être reconnus en tant que tels ou ils ne ressentent pas le besoin d'avoir un « allègement » quelconque.
Cette année je n'ai eu que 2 dyslexiques annoncés.
Pouvez-vous nous faire une moyenne ?
Il y a environ 2% de dyslexiques.
Avez-vous une prise en charge spéciale pour eux ?
Oui et non.
Si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous vous y prenez ?
Parce que l'on fait surtout au cas par cas puisqu'il y en a pas beaucoup. Mais par exemple si un dyslexique ne supporte pas d'être tout derrière dans un amphithéâtre, il peut demander d'avoir une place devant, si pour les examens il doit lire à voix haute pour mieux comprendre les consignes, l'étudiant peut avoir une salle à part. Ils peuvent aussi avoir environ 20 à 30 minutes de plus pour les examens.
Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement que quelqu'un n'ayant ce trouble ?
Non je ne pense pas. Je connais quelques dyslexiques et ils ont une très bonne vie professionnelle et privée. Leur handicap, les a aidés à mieux se préparer aux tests, à créer des stratégies pour surmonter le problème.
Je pense que c'est un handicap très lourd à porter s'il n'est pas pris en charge. Mais lorsque le dyslexique est suivi, cet handicap se transforme en don.
Selon vous ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires ?
Oui et non. Je pense que l'on pourrait en faire beaucoup plus pour les aider mais il faut faire attention que ces avantages ne se retournent pas contre eux. Je pense que l'effort devrait se faire dans les petites classes et qu'il devrait peut-être créer des classes spéciales pour les enfants atteints d'un handicap « dys ».

 

Entretien avec Mme Sophie Gubser maîtresse de 3ème et 4ème primaires

Avez-vous eu beaucoup de dyslexiques dans votre établissement ?
Chaque année scolaire il y a des dyslexiques.
Pouvez-vous nous faire une moyenne ?
Environ 3 par classe.
Avez-vous une prise en charge spéciale pour eux ?
Oui, par de la logopédie et par un enseignement adapté de la part de l'enseignant.
Si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous vous y prenez ?
Moins de mot à mémoriser, on leur lit les consignes, une lecture adaptée à leur niveau, des cartes avec des moyens mnémotechniques pour différencier les lettres (par ex p = papa b= bébé).
Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement que quelqu'un n'ayant ce trouble ?
La dyslexie est un domaine très vaste et certains troubles de la dyslexie peuvent être ennuyeux pour étudier dans certains domaines. Mais certains troubles dyslexiques sont tout à fait anodins pour réussir professionnellement. On ne peut pas parler de La dyslexie, car il existe énormément de troubles différents dans la dyslexie. Certains souffrent pour écrire d'autres pour lire, et encore pour certains le trouble se ressentira dans les mathématiques. Ce qui est sûr, c'est que les dyslexiques sont souvent de fins stratèges: ils développent d'incroyables stratégies pour pallier à leur problèmes. Et grâce à ces stratégies ils s'en sortent.
Selon vous ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires ?
Je pense qu'il est de mieux en mieux pris en charge. (Il y a trente ans on ne parlait pas tellement de dyslexie) mais on peut faire encore mieux.

 

Interview avec Madame Besson à l'école de Vevey 5-9 ème années

Avez-vous eu beaucoup de dyslexiques dans votre établissement ?
Une centaine.
Pouvez-vous nous faire une moyenne ?
La moyenne est entre 90 et 100 élèves sur environ 1000 élèves.
Avez-vous une prise en charge spéciale pour eux ?
La prise en charge est faite à la touche. Ensuite, si les parents de l'enfant n'ont pas décidé de lui faire consulter une logopédiste, et bien l'école ne fera rien. Car nous prenons en compte que les élèves qui sont diagnostiqués et suivi en PPLS.
Si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous vous y prenez ?
Cette année, nous avons mis en place un catalogue des dyslexiques du collège. Nous avons noté s'ils ont un diagnostique posé. Chaque année, nous leur redemanderons s'ils sont encore suivis. Après, si nous avons plus de temps, on regardera chaque cas d'élève et regarder quelles mesures leur sont appropriées.
Les doyens demandent au professeur même de l'élève, et regardent à deux si l'enfant a besoin d'une mesure spéciale.
Les professeurs de français comptabilisent différemment pour chaque élève dyslexique.
Pour les examens, un élève avait besoin de lire les consignes à haute voix, et bien nous avons mis une classe à sa disposition où il se retrouverait seul.
Il est possible que des cours de logopédiste soient pris durant les périodes scolaires.
Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement que quelqu'un n'ayant ce trouble ?
Cela pourrait poser des difficultés. S'il rate ses examens d'un ½ points, alors la conférence des maîtres décidera si l'élève aura raté ou pas. Après il aura surement une faveur spéciale.
Selon vous ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires ?
Notre établissement a commencé cette prise en charge il y a un an et demi. Mais après dans d'autres établissements c'est un peu une prise en charge à la touche.

 

Entretien avec la logopédiste de l'école primaire de Montreux

Avez-vous eu beaucoup de dyslexiques dans votre établissement ?
Oui, il y en a beaucoup.
Pouvez-vous nous faire une moyenne ?
Difficile à dire !
Avez-vous une prise en charge spéciale pour eux ?
En tant que logopédiste, chaque dyslexique présente un profil de difficultés particulier, donc on élabore un projet individualisé pour chacun d'entre eux, pour renforcer, voire développer des stratégies de compensation lorsque le renforcement ne peut suffire.
Si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous vous y prenez ?
Par exemple (de manière très schématique), pour un dyslexique qui présente un déficit important de sa voie d'assemblage (déchiffrage de nouveaux mots, décodage de l'ensemble des graphies en leurs correspondants sonores), on va renforcer cette voie déficitaire en l'entraînant à lire des mots qui n'existent pas (non-mots) de plus en plus longs et de plus en plus vite pour lui permettre d'automatiser une stratégie de déchiffrage de nouveaux mots.
Si cela ne porte pas ces fruits on va alors plutôt tenter de compenser ce déficit par le développement accru de la voie d'adressage (déchiffrage des mots connus dont on reconnaît l'adresse complète dans son lexique écrit) afin qu'il puisse se reposer sur la reconnaissance de mots connus qui ressemble (même famille) que les mots nouveaux qu'il doit déchiffrer. De plus, il y a souvent des troubles associés aux dyslexies, de type faiblesse de la mémoire de travail, difficultés métaphonologiques.
Pensez-vous qu'un dyslexique ait moins de chance de réussir professionnellement que quelqu'un n'ayant ce trouble ?
Non pas s'il bénéficie d'un traitement logopédique adapté et d'une prise en compte adéquate de sa pathologie à l'école.
Toutefois on peut imaginer que certaines professions soient pour eux rédhibitoires, celles où il faut beaucoup lire.
Selon vous ce problème est-il suffisamment pris en charge dans les milieux scolaires ?
Cela varie beaucoup d'un établissement à un autre et d'un enseignant à un autre.
Comme il n'y a pas encore de cadre suffisamment clair, chacun fait un peu comme il veut.

 

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.